« Gilets jaunes »: Berger (CFDT) veut taxer davantage « les très hauts revenus »

PARIS, 2 décembre 2018 (AFP) – La réponse au mouvement des « gilets jaunes » ne passera « sûrement pas par le moratoire » sur la fiscalité des carburants, mais par « une tranche d’impôt supplémentaire sur les très hauts revenus » qui « doivent contribuer davantage », a affirmé dimanche le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

« Le plus grand geste qui pourra être fait, ce n’est sûrement pas le moratoire, même si je comprends qu’en urgence certains voudraient s’y réfugier », a-t-il déclaré lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNews-Les Echos.

« Le plus grand geste c’est au contraire de considérer que les très hauts revenus dans notre pays doivent contribuer davantage », a-t-il ajouté, prônant le rétablissement d' »une tranche d’impôt supplémentaire ».

Évoquant la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) en début de quinquennat, M. Berger a regretté que le gouvernement ait pris « dès le départ une mesure d’aide aux foyers les plus riches », alors que « c’est l’inverse qu’il fallait faire ».

« On assiste depuis un certain nombre d’années au transfert de la fiscalité du capital vers la fiscalité des ménages et les gens en ont assez parce que c’est injuste », a-t-il souligné.

Mais le numéro un de la CFDT ne souhaite pas pour autant revenir sur la hausse programmée des taxes sur les carburants: « Je n’ai pas tellement envie que le signal donné soit qu’on ne s’inscrive pas dans la transition écologique », a-t-il dit.

Il a toutefois demandé que ces taxes « servent pour moitié des projets de transformation sur la production d’énergie, et pour l’autre moitié une compensation pour les ménages les plus modestes et les classes moyennes ».

Au-delà de la fiscalité, pour sortir de la crise des « gilets jaunes », il n’y a pas d’autre voie que « d’engager le dialogue sur ce qui provoque ce malaise », a prévenu M. Berger.

« On parle de pouvoir d’achat, de logement », mais aussi « des services publics » et « c’est le pouvoir de vivre qui est en question aujourd’hui dans notre pays », a-t-il résumé, avant de lancer: « Rentrons dans un Grenelle du pouvoir de vivre ».

Le patron de la CFDT a dit attendre du gouvernement « une écoute beaucoup plus forte des revendications qui sont posées par les +gilets jaunes+ mais aussi, depuis des mois, par les organisations syndicales et les associations ».

Quant au recours à l’état d’urgence, évoqué samedi soir par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, ce « n’est pas une solution », selon lui.

« La première réponse à apporter n’est pas sécuritaire, c’est une réponse de contenu par rapport aux problèmes sociaux (…) Je ne vois pas en quoi l’état d’urgence règlerait le problème », a-t-il insisté.

Par ailleurs, M. Berger n’a pas exigé de revalorisation exceptionnelle du Smic, après que le Premier ministre, Édouard Philippe, a écarté mercredi tout « coup de pouce » au-delà de la revalorisation légale du salaire minimum prévu au 1er janvier.

« Il faut plutôt aller vers une négociation dans les branches (…) pour une augmentation des minima conventionnels », a-t-il estimé.

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