Gironde: « usine morte » à Ford-Blanquefort vendredi autour d’une réunion de suivi

BORDEAUX, 8 mars 2018 (AFP) – L’usine Ford de Blanquefort (Gironde) aux quelque 910 salariés observera une « journée morte » vendredi, jour d’une réunion de suivi personnel-direction-Etat-élus où les syndicats attendent que la « pression » soit mise sur Ford, après que le groupe automobile a annoncé qu’il cessait d’investir.

L’intersyndicale CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC a appelé à une grève à partir de jeudi 22H00 dans l’usine de boîtes de transmission. Celle-ci tourne déjà au ralenti, selon les syndicats, depuis l’annonce le 27 février par Ford-Europe de sa volonté de cesser d’investir sur ce site FAI (Ford Aquitaine Industries), un des employeurs emblématiques de l’agglomération bordelaise, où il est présent depuis 1972.

Une manifestation des salariés doit traverser le centre de Bordeaux à la mi-journée vendredi, jusqu’à la préfecture où un « comité de suivi » doit réunir les pouvoirs publics –notamment le délégué interministériel à la restructuration industrielle Jean-Pierre Floris– les élus locaux (région, département, Bordeaux-métropole, ville de Blanquefort), les représentants du personnel et de Ford-Europe.

Le 2 mars, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, recevant salariés et élus, avait exprimé « la détermination totale de l’Etat, des élus locaux, des salariés à maintenir l’activité sur ce beau site de Blanquefort ».

Auparavant, il avait demandé à Ford d’y « maintenir une charge de travail suffisante (…) jusqu’à fin 2019 », pour permettre une recherche optimale de nouvelles activités pour l’usine, « au sein du groupe Ford ou en lien avec des partenaires externes ».

Les syndicats, qui jusqu’alors se sont félicités de la solidarité affichée par les pouvoirs publics, attendent de la réunion de suivi « que la pression commence véritablement à s’exercer pour faire changer Ford d’avis » sur sa décision de désinvestissement, a indiqué Vincent Alauze, délégué CGT.

« Les dirigeants de Ford vont passer devant un tribunal, tellement tout le monde est contre eux », estimait une source syndicale, évoquant le sentiment de l’Etat et des élus d’avoir été « trahis » par l’annonce de Ford, alors qu’ils espéraient une réponse positive sur la viabilité d’une future boîte de vitesse à produire en Gironde.

Dans une annonce interne à Blanquefort la semaine dernière, Ford-Europe indiquait avoir déjà mandaté une « task force » pour « soutenir le processus consistant à rechercher des tiers intéressés par le site » et affirmait que « des tiers nous ont déjà approchés ».

Ford avait déjà cédé le site de Blanquefort en 2009, à l’Allemand HZ holding, avant de le reprendre en 2011 puis, sous pression des syndicats et pouvoirs publics, de s’engager en 2013 au maintien de 1.000 emplois jusqu’en mi-2018, sur cinq ans, garantie conditionnée au versement d’aides publiques.

pbl/ban/pid