GMD: l’intersyndicale s’inquiète d’un projet de reprise par CIE Automotive

PARIS, 3 octobre 2018 (AFP) – L’intersyndicale de la société Groupe Mécanique Découpage (GMD), inquiète pour l’avenir des sites français de cet équipementier automobile, a réclamé mercredi des informations sur un projet de reprise du groupe par l’espagnol CIE Automotive.

Selon l’intersyndicale CGT, CFDT, FO, CFTC, SUD et CDTM, l' »actionnaire principal » de GMD, l’industriel Alain Martineau, est « contraint de vendre son groupe à très court terme » et « a été approché par plusieurs repreneurs potentiels », dont CIE Automotive, qui « est en passe de formuler une offre concrète ».

L’intersyndicale dénonce dans un communiqué un « manque de communication et de transparence » de la part du PDG, qui « ne respecte pas ses engagements ». Les syndicats souhaitent obtenir rapidement « une réunion avec CIE » pour que le repreneur « présente son projet », a déclaré Nathalie Roma (FO), membre du comité de groupe de GMD, lors d’une conférence de presse à Paris.

Ils veulent des précisions sur son projet industriel, d’investissement et de développement, ainsi que sur les « garanties sociales » concernant les emplois ou les accords d’entreprise.

L’activité de GMD, qui compte 35 sites dont 17 en France, est partagée en quatre pôles: fonderie, plasturgie, découpage/emboutissage et étanchéité, avec un chiffre d’affaires annuel de quelque 800 millions d’euros. Le groupe emploie en France environ 2.400 personnes en CDI, ainsi que 1.800 intérimaires, selon l’intersyndicale.

« Aujourd’hui, il y a une grosse inquiétude du personnel sur les sites. On veut savoir quel sera le périmètre de reprise », a souligné Messaoud Drideche (CGT), membre du comité de groupe. CIE ayant « les mêmes quatre pôles d’activité », les syndicats craignent une « casse sociale » avec le repreneur en raison de doublons sur certains postes, a-t-il ajouté.

« Nous sommes surtout inquiets pour certains sites en France, qui produisent des pièces mal vendues, avec des prix au ras des pâquerettes », a expliqué Laurent Joly (CGT), secrétaire du comité de groupe. Actuellement, « des usines gagnent de l’argent, d’autres non », mais M. Martineau « n’hésite pas à signer des chèques pour maintenir tous les sites en vie », selon Nour-Eddine Kaabeche (CFTC), secrétaire adjoint du comité.

Une délégation de l’intersyndicale doit être reçue à sa demande à Bercy, selon ces syndicalistes.

GMD avait repris en septembre 2017 l’usine GM&S (rebaptisée depuis LSI) de La Souterraine (Creuse), un dossier social qui avait accaparé les premiers mois de la présidence Macron. Au final, 157 employés sur 277 ont été licenciés.

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