GM&S: Bercy renvoie la balle au repreneur potentiel avant la reprise des négociations

PARIS, 28 juin 2017 (AFP) – Les négociations sur le sort de l’équipementier automobile GM&S, menacé de liquidation, devaient reprendre mercredi après-midi au ministère de l’Economie, qui renvoie le seul repreneur potentiel à ses « responsabilités » alors que les discussions achoppent sur le montant des indemnités de licenciement.

GMD, un emboutisseur stéphanois, propose de reprendre le site de l’équipementier à La Souterraine (Creuse), et de garder 120 de ses 277 salariés, mais les syndicats l’accusent de refuser toute indemnité de licenciement à un montant supérieur à celui fixé par la loi.

« Je ne serai soulagé que le jour où il y aura une offre de reprise en bonne et due forme déposée par le repreneur », a déclaré mercredi matin Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, en marge de l’inauguration dans les grands magasins parisiens des soldes d’été. « C’est maintenant au repreneur de prendre ses responsabilités », a-t-il ajouté.

« L’objectif est de lever les conditions suspensives émises par le repreneur » pour qu’il puisse déposer son offre avant vendredi devant le tribunal de commerce de Poitiers, a annoncé M. Le Maire.

Les négociations doivent reprendre en deux temps mercredi, au lendemain d’une réunion de crise qui s’est éternisée dans la soirée et a notamment abouti à l’annonce de dix millions d’euros d’investissement pour moderniser l’usine, par les constructeurs Renault et PSA, les principaux clients de GM&S.

« Nous avons obtenu une avancée positive et majeure », s’est félicité M. Le Maire. « Mais on peut encore progresser. »

La réunion de mardi avait rassemblé les syndicats CGT et FO avec Peugeot PSA et Renault. Elle s’était d’abord tenue en présence de Benjamin Griveaux, secrétaire d’Etat rattaché à Bercy, avant de passer au niveau de M. Le Maire pendant 45 minutes jusqu’à près de minuit.

Mercredi, une première rencontre aura lieu à 14H00 à Bercy et réunira le président de GMD, des représentants de PSA et Renault, ainsi que M. Griveaux, selon Bercy. Ensuite, le secrétaire d’Etat se rendra dans un hôtel du 15e arrondissement afin de rencontrer à 17H00 les délégués syndicaux.

– Accusations de chantage –

En plus des investissements promis par Peugeot PSA et Renault, les deux constructeurs ont confirmé leur engagements à engager des commandes annuelles d’un montant respectif de 12 millions et 10 millions d’euros à GM&S.

Après ces annonces, c’est GMD, seul groupe à se montrer intéressé par GM&S, qui s’est retrouvé en première ligne, la CGT l’accusant de « chantage » en attendant toujours le dépôt d’une offre tangible.

Le syndicat a dit s’être trouvé « face à un mur », jugeant « inadmissible et indigne » que GMD refuse d’indemniser les futurs licenciés au-dessus du montant fixé par la loi, alors qu’il compte garder moins de la moitié des employés de GM&S.

GM&S, deuxième employeur privé de la Creuse, a déjà passé six mois en redressement judiciaire, son troisième en huit ans. Tant qu’il ne fait pas l’objet d’une offre concrète, il risque la liquidation judiciaire.

Dans ce contexte, la situation restait tendue mercredi sur le site de la Souterraine, occupé par les salariés, où ont été allumés mardi des feux de pneus et de palettes, des ouvriers prenant toutefois garde d’éviter leur propagation.

« Il ne faut pas confondre la détermination à défendre son emploi, ce que je comprends parfaitement, et la violence », a, à ce titre, mis en garde M. Le Maire.

« La violence conduira à faire fuir le repreneur, à éloigner Renault et PSA, à empêcher de garantir la pérennité du site », a insisté le ministre.

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