GM&S: décision sur une reprise, baroud des salariés pour améliorer l’offre

POITIERS, 7 septembre 2017 (AFP) – Dernière étape judiciaire du dossier industriel de l’été: la justice tranche jeudi sur l’offre de reprise partielle de l’équipementier automobile creusois GM&S, sur fond de baroud des salariés qui « continuent la lutte » pour arracher un « mieux » sur l’emploi et les indemnités.

« Ils attendaient une réunion avec les constructeurs qui n’est jamais venue: quel choix ont-ils? Ils n’en ont pas d’autre que de se battre pour faire évoluer la situation en terme d’emplois repris et d’indemnisation des +blessés+ (nom donné aux licenciés par les syndicalistes, NDLR). Car je le répète: rien n’est définitif, même une offre homologuée peut évoluer à la hausse », a déclaré à l’AFP l’avocat des salariés, Jean-Louis Borie.

Les salariés doivent savoir dans la journée si le tribunal de commerce de Poitiers valide l’unique offre de reprise de GM&S par le numéro un de l’emboutissage GMD, qui ne prévoit de garder que 120 emplois sur 277.

« Ils se battront jusqu’au bout parce que ce qui est en jeu c’est la sérénité de la reprise et la pérennité de l’entreprise », a poursuivi Me Borie, qui les a rejoints jeudi matin devant l’usine PSA de Sept-Fons (Allier) où les salariés campaient depuis mercredi soir.

Installés à 200 mètres du site « barricadé partout » par les CRS, ils pliaient leurs tentes avant de prévoir « une petite action ». « Tous les accès au site sont bloqués par les forces de l’ordre, on n’a jamais vu ça », s’indignait Yann Augras, secrétaire du CE et délégué CGT.

« On continue la lutte, on va continuer à bloquer les sites PSA et Renault. Même quand le verdict va tomber, on va continuer à se battre jusqu’au bout », prévenait-il dès mercredi soir.

« La casse de la Souterraine était planifiée depuis 2014 », a poursuivi ce délégué CGT, évoquant « des preuves » (mails et tableaux de commande). « Alors aujourd’hui, on ne lâche rien ».

Blocage de PSA-Poissy mardi à l’aube, blocage avorté à Renault-Flins mercredi, les salariés de GM&S Industry se sont livrés ces derniers jours à un baroud, auprès des sites des deux constructeurs automobiles qui sont leurs principaux clients.

– ‘Quel avenir ?’ –

Les syndicats réclament 75.000 euros d’indemnité extra-légale par licencié et « un plan social digne de ce nom » pour un personnel à plus de 50 ans de moyenne d’âge.

Les salariés jugent également que les garanties de commandes (22 millions d’euros annuels sur cinq ans) arrachées à PSA et Renault par Bercy ne sont pas un gage de la pérennité du site, en difficulté financière depuis des années après d’éphémères reprises. L’usine de sous-traitance mécanique a compté jusqu’à 600 salariés en 1990.

Ils se demandent également comment l’usine, spécialisée dans l’emboutissage, l’assemblage et la tôlerie, pourra continuer de fonctionner avec 120 salariés retenus par le candidat à la reprise au lieu de 277. Pour ceux qui continueront l’aventure, le syndicaliste Yann Augras s’interroge: « Pourquoi nous avoir choisis nous, et pas nos collègues? Quels vont être nos conditions de travail à 120 personnes au lieu de 277? Et quel avenir? ».

Le deuxième employeur privé de la Creuse avait été placé en liquidation fin juin, au terme de mois de manifestations, blocages et tractations, qui en ont fait un dossier social chaud des derniers mois du gouvernement Cazeneuve, puis des premiers mois du gouvernement Philippe, avec une forte implication de Bercy auprès des constructeurs notamment.

Le président Emmanuel Macron et son ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, se sont particulièrement investis dans ce casse-tête social, industriel et territorial, pour éviter la liquidation pure et simple.

GMD (Groupe Mécanique Découpage) est spécialisé dans l’emboutissage, la plasturgie et la fonderie. Il compte 3.750 collaborateurs répartis sur 29 sites en France, en Europe de l’Est, au Maghreb et en Asie. Son chiffre d’affaires 2016 s’établissait à 750 millions d’euros, selon son PDG Alain Martineau.

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