GM&S Industry: des salariés en colère allument des feux dans les ateliers

LA SOUTERRAINE, 27 juin 2017 (AFP) – Des salariés de l’équipementier automobile GM&S, menacé de liquidation, ont allumé mardi des feux de pneus et de palettes dans leur usine à La Souterraine (Creuse), jugeant « catastrophiques » les négociations en cours pour la reprise du site, a-t-on appris de sources concordantes.

Alors qu’une réunion de la cellule de crise se tenait à Paris entre le ministère de l’Economie, les constructeurs automobiles clients de GM&S, et les syndicats, des ouvriers jugulaient des feux allumés avec des pneus, des palettes et des cartons dans des chariots, près des machines, pour éviter leur propagation, a constaté une correspondante de l’AFP.

Une épaisse fumée noire s’échappait des bâtiments.

« Ca a commencé à brûler dans l’atelier 2. On a commencé puisque le ministère (de l’Economie) continue à se foutre de notre gueule et les constructeurs aussi », a déclaré à l’AFP Yann Augras, élu CGT et secrétaire du CE, menaçant de faire brûler l’usine « par petits morceaux ».

« Aujourd’hui, il y a pas de supra légale (prime versée en plus des indemnités de licenciement légales) et le repreneur ne s’est pas positionné sur le nombre de salariés à reprendre (…) Il n’y a pas de période d’observation comme ça avait été demandé », a affirmé Yann Augras.

Le tribunal de commerce de Poitiers doit rendre vendredi sa décision sur le sort de GM&S Industry, sous-traitante notamment de Renault et PSA Peugeot, avec l’examen de l’offre de reprise de l’emboutisseur stéphanois GMD. Ce dernier a exprimé son intérêt pour l’équipementier creusois mais n’avait toujours pas déposé d’offre en bonne et due forme lundi.

GM&S, emboutisseur/soudeur/assembleur de La Souterraine, deuxième employeur privé de la Creuse, a déjà passé six mois en redressement judiciaire, et traverse son troisième redressement judiciaire en huit ans.

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