GM&S: réunion cruciale à Bercy mardi avec l’ensemble des acteurs

PARIS, 11 juillet 2017 (AFP) – Gouvernement, syndicalistes, constructeurs et repreneur potentiel: une réunion cruciale rassemblant pour la première fois tous les acteurs du dossier de l’équipementier automobile creusois GM&S, en liquidation judiciaire, était en cours mardi après-midi à Bercy.

La réunion a débuté vers 15H45, a constaté un journaliste de l’AFP. Entre 30 et 60 personnes devaient y participer, dont le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, et Alain Martineau, le PDG de GMD, le repreneur potentiel.

« L’ambition est d’obtenir une solution permettant de pérenniser le site de GM&S à La Souterraine », a indiqué une source de Bercy, expliquant que cette table ronde « servirait à s’assurer qu'[ils avaient] bien une méthode pour aboutir à une offre de reprise définitive et ferme avant l’échéance fixée à l’audience au tribunal de commerce le 19 juillet ».

Les salariés de GM&S avaient accepté jeudi dernier de lever le blocage d’un site de PSA dans l’Allier, après un accord avec le gouvernement sur l’ordre du jour de cette réunion, à laquelle participeront également les constructeurs Renault et PSA, dont les commandes et les investissements sont indispensables à la survie de l’usine.

Avant la réunion, le délégué CGT Patrick Brun a indiqué à l’AFP qu’il « attendait des réponses sur les quatre points » devant être abordés à la demande des salariés, à savoir: « volume de commandes et chiffre d’affaires, nombre des emplois repris, prise en charge des salaires jusqu’au 31 août, accompagnement social et indemnités des salariés non repris ».

Affichant son incrédulité face aux promesses de l’exécutif, il a relevé que « le gouvernement faisait des conférences de presse avant la réunion, diffusait des communiqués pendant ». « Nous, on va voir ce qui en sort ce soir et on espère faire avancer les choses », a-t-il ajouté.

– Sauver 180 emplois –

Les discussions sur les effectifs constitueront l’un des grands sujets de la réunion, le numéro un français de l’emboutissage GMD n’envisageant de reprendre que 120 salariés sur 277.

Un nombre insuffisant pour les représentants des salariés. « On veut le maintien de 180 emplois, voire plus », a prévenu le délégué CGT. « On se bat pour l’emploi, c’est notre cheval de bataille ».

Autre condition des syndicats, cette fois-ci adressée aux constructeurs: « obtenir le financement d’une indemnité supra-légale » pour les salariés qui ne seraient pas repris, qui s’ajouteraient aux indemnités de licenciement de base.

Sur ces deux points, difficile de voir des percées pour l’instant. « Ce qui est crucial pour nous est que la société GMD et les salariés puissent s’asseoir autour d’une table dans un climat le plus constructif possible pour travailler », a indiqué Bercy.

Quant à l’indemnité supra-légale, « la porte de la part des constructeurs est fermée pour l’instant », reconnaît une source.

Bercy rappelle que PSA s’est engagé pour trois ans à passer des commandes pour 12 millions d’euros à GM&S et Renault pour 10 millions d’euros.

Mais la réunion a un autre enjeu: les investissements des deux constructeurs pour renouveler des machines parfois obsolètes pour moderniser le site.

« L’offre de GMD nécessite que les deux constructeurs apportent 10 millions d’euros en tout », souligne-t-on à Bercy. « Renault a annoncé qu’il apportait cinq millions et les discussions se poursuivent avec PSA pour un investissement équivalent de leur part », a ajouté la source.

PSA est avec Renault l’un des deux grands clients de GM&S. Bercy est en discussion depuis plusieurs semaines avec les deux constructeurs automobiles sur leurs engagements d’investissement et de commandes, ainsi qu’avec le seul repreneur déclaré, le groupe d’emboutissage GMD.

GM&S Industry, basé à La Souterraine (Creuse) et deuxième employeur privé de la Creuse, a été placé le 30 juin en liquidation judiciaire et l’offre de reprise de GMD doit être examinée le 19 juillet par le Tribunal de Commerce de Poitiers.

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