Grande conférence santé: les principales mesures

PARIS, 11 février 2016 (AFP) – Amélioration des formations paramédicales, renforcement de la lutte contre les déserts médicaux, aide au congé maternité, voici les principales mesures annoncées par le gouvernement jeudi lors de la conférence santé:

– « Protection maternité »: une aide de plus de 3.000 euros par mois pendant trois mois sera délivrée aux femmes médecins enceintes (en plus de l’actuelle allocation forfaitaire). Environ 15.000 femmes en âge de procréer pourront bénéficier de cette mesure qui s’adresse uniquement à celles qui ne pratiquent pas de dépassement d’honoraires, ou bien qui se sont engagées à les limiter via un contrat d’accès aux soins.

– Régionalisation du numérus clausus: la mesure expérimentée fin 2015 dans une dizaine de régions déficitaires sera poursuivie. Le nombre d’étudiants admis en 2e année de médecine à l’issue du concours sera fixé par région, en fonction des besoins de santé. Objectif: améliorer la répartition territoriale des médecins.

– Renforcer la filière universitaire de médecine générale: en 2017, le budget de la Sécurité sociale financera 40 postes d’assistants chefs de cliniques en médecine générale. Ils s’ajoutent aux 40 autres prévus en 2016. A partir de 2018, ces postes doivent être réintégrés dans le budget des universités.

Par ailleurs, pour atteindre l’objectif de 100% d’étudiants faisant un stage chez un médecin généraliste, le gouvernement demande aux partenaires conventionnels (syndicats de médecins et assurance maladie) de mener une réflexion pour « reconnaître l’investissement » de ceux qui les accueillent.

– Renforcer la formation continue: une concertation va s’engager en 2016 pour mettre en place une « recertification » régulière des professionnels de santé afin de vérifier qu’ils répondent à leurs obligations de formation continue et entretiennent leurs compétences, comme ils en ont l’obligation. La procédure serait pilotée par le Conseil national de l’Ordre des médecins.

– Favoriser les passerelles entre les études paramédicales et médicales. Dès la rentrée 2016, il s’agit de permettre aux professionnels diplômés d’entrer en 2e ou 3e année d’études médicales. Des pré-requis seront définis. Un kinésithérapeute pourrait ainsi, sur la base d’un projet solide ou sur dossier, suivre des études de médecine pour devenir médecin rééducateur.

– Favoriser le travail en équipe entre médecins et paramédicaux: des temps de formation théorique et pratique (étude de cas, stages interprofessionnels ou croisés) regroupant les étudiants des différentes filières de santé seront mis en place.

– Renforcer les prestations sociales des étudiants des formations paramédicales, en alignant progressivement leurs droits sur ceux des autres étudiants universitaires (restauration collective, logement étudiant, etc). Les exécutifs régionaux seront notamment « sensibilisés » à l’utilité d’un travail de convergence des droits aux bourses, très disparates pour les étudiants paramédicaux.

– Etudier les « conditions de déploiement d’une offre publique de formation pour toutes les professions de santé », afin de corriger les inégalités que subissent les étudiants des formations paramédicales, souvent délivrées dans des établissements privés à des tarifs exorbitants.

– Favoriser l’accès à la recherche pour les formations paramédicales grâce à l’émergence d’un corps d’enseignants chercheurs.

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