Grève à Air France: 50% des vols long-courriers au départ de Paris annulés jeudi

PARIS, 21 février 2018 (AFP) – Air France prévoit l’annulation de la moitié de ses vols long-courriers au départ de Paris jeudi, en raison de la grève pour les salaires qui concernera aussi bien les pilotes que les personnels navigants et au sol, a annoncé la direction mercredi.

La compagnie prévoit d’assurer au total « 75% de son programme de vols compte-tenu d’un taux de grévistes estimé à 28% pour cette journée », précise-t-elle dans un communiqué.

Mais la compagnie n’assurera que « 50% de ses vols long-courriers au départ de Paris ». Elle précise que « 75% de ses vols moyen-courriers au départ et vers Paris-Charles de Gaulle » seront assurés, et « 85% de ses vols court-courriers ».

Par ailleurs, « des perturbations et des retards ne sont pas à exclure », met en garde la compagnie, qui indique que le programme de vols sera mis à jour 24 heures à l’avance.

« Air France regrette cette situation et met tout en oeuvre pour limiter les désagréments que cette grève pourrait occasionner à ses clients », qu’elle invite à vérifier sur www.airfrance.com « si leur vol est opéré avant de se présenter à l’aéroport ».

La compagnie conseille à ses clients de « reporter leur voyage ou modifier leur billet sans frais ».

L’ensemble des syndicats représentatifs chez les pilotes (SNPL et Spaf) et les hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC et Unac), ainsi que trois organisations au sol (CGT, FO et SUD) et trois non représentatives (Alter pour les pilotes, CFTC et SNGAF côté PNC), appellent à la grève.

Ils réclament une hausse générale de 6% des salaires, arguant des bons résultats financiers de l’entreprise.

La direction a mis sur la table un projet d’accord prévoyant une augmentation générale – la première depuis 2011 – de 1% versée en deux temps, une revalorisation des indemnités kilométriques et une enveloppe d’augmentations individuelles (primes, promotions, ancienneté…) de 1,4% pour les seuls agents au sol, une « aumône » selon les organisations syndicales.

Une augmentation générale de 6%, que la compagnie chiffre à 240 millions d’euros soit « sensiblement 40% » du résultat (588 M EUR pour la partie française), serait « déraisonnable et irréaliste », a rétorqué mercredi le directeur général d’Air France, Franck Terner, lors d’une conférence de presse. Il a « déploré ce mouvement social », une « mauvaise chose pour l’image » de la compagnie et « pour l’entreprise » elle-même.

Tout en se disant « pleinement conscient des efforts faits » par le personnel, M. Terner a rappelé que la compagnie avait « pour la première fois depuis 2011 débloqué les grilles » de rémunération et « surtout négocié un accord d’intéressement » à hauteur de « 130 millions d’euros », soit « à peu près 20% du résultat ».

Au total, les salariés « percevront cette année entre 3 et 4,5% » de plus que l’an dernier, a affirmé le directeur général.

« Si nos résultats se sont améliorés », ils restent toutefois « significativement en dessous de ceux de nos compétiteurs », a observé M. Terner, « deux fois inférieurs à ceux de Lufthansa, trois fois inférieurs à ceux de British Airways ». Il a plaidé pour un « équilibre » entre « une juste rétribution des efforts » des salariés et les « investissements » nécessaires à la compagnie.

Un rassemblement des salariés est prévu jeudi à 10H00 devant le siège de la compagnie à Roissy.

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