Grève à Météo France pour protester contre le plan d’austérité de l’Etat

 TOULOUSE, 24 novembre 2016 (AFP) – Des salariés de Météo-France ont observé jeudi une journée de grève pour protester contre le contrat d’objectifs 2017-2021 « d’austérité » avec l’État que doit entériner vendredi le conseil d’administration de l’établissement public, a-t-on appris de source syndicale et de la direction.

Ce mouvement, à l’appel de l’intersyndicale (CGT, FO et Solidaires) et auquel selon les deux sources 8,2 % du personnel ont participé, s’inscrit dans une protestation débutée en juin. Il doit être suivi jusqu’à mi-décembre de multiples débrayages dans différents lieux et services, a-t-on précisé de source syndicale.

Selon l’intersyndicale, le contrat d’objectifs entre Météo-France et l’État prévoit de faire passer « la démarche scientifique au second plan derrière les exigences comptables de Bercy ».

« Les effectifs ont fondu de 3700 agents en 2008 à 3000 en 2016 », a rappelé François Giroux (CGT), déplorant pour les cinq prochaines années la perte à venir de 350 emplois, la disparition programmée des centres météorologiques de proximité…

« Un an après la COP21 et les ambitions affichées par la France, la poursuite d’économies budgétaires semble plus prioritaire que la recherche sur les risques météorologiques et climatiques », a dénoncé l’intersyndicale dans un communiqué, réclamant « des recrutements, un budget suffisant, le maintien des centres météorologiques de proximité et la réintégration des activités relevant de la protection des personnes et des biens ».

Interrogé par l’AFP, le directeur général-adjoint, M. Alain Soulan, a reconnu que le contrat d’objectifs, que la ministre de l’Environnement doit signer avant la fin de l’année, allait entraîner la poursuite de la diminution des effectifs. Mais selon lui il s’agit « d’une adaptation aux évolutions de la science et des technologies ».

« Météo-France est l’un des services de prévisions météorologiques les plus en pointe au monde et entend le rester », a-t-il a, affirmant que la baisse reste « réaliste », de 2 à 2,5 % par an comme depuis quelques années.

« Il faut mettre les ressources là où elles sont le plus efficientes. Par exemple, on ne touchera pas à la recherche », a-t-il fait valoir, reconnaissant une redéfinition de l’organisation territoriale avec une concentration des prévisionnistes sur les principaux centres (Lille, Strasbourg, Lyon, Aix-en-Provence, Rennes, Paris et Toulouse).

« On maintiendra aussi notre présence sur les plateformes aéronautiques et sur les centres à vocation thématique (montagne et marine) », a insisté M. Soulan, estimant qu’un service de qualité pour le client ne nécessite pas la proximité.

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