Grève chez les pompiers à partir de mercredi: service continu mais réduit, selon les syndicats

PARIS, 25 juin 2019 (AFP) – Les pompiers continueront à intervenir mais parfois en service réduit à partir de mercredi en raison d’un appel syndical à la grève jusqu’au 31 août pour réclamer plus de moyens face à la hausse du nombre d’interventions, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

« Nous voulons exprimer le ras-le-bol des pompiers face à un État qui n’assure plus un certains nombre de missions, et les laisse souvent démunis sur le terrain face à l’augmentation de la détresse humaine et des agressions contre eux », a déclaré à l’AFP André Goretti président du FA/SPP-PATS, premier syndicat de pompiers professionnels.

« Le service public de secours est malade. On veut alerter les Français », a-t-il ajouté.

Cette grève n’empêchera pas les pompiers de continuer à intervenir sur tout le territoire car ils ont une obligation de service minimum, et des personnels seront réquisitionnés pour assurer le service, a précisé à l’AFP une porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSPF).

« La population peut être rassurée, la distribution des secours continuera à être assurée 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 », a-ton ajouté à la FNSPF, sans plus de précisions sur l’ampleur attendue du suivi de la grève.

« Les interventions continueront mais avec un service minimum » et des équipes réduites, a de son côté précisé M. Goretti.

L’appel a été lancé par sept des neuf syndicats de pompiers professionnels, qui représentent 85% des 40.000 pompiers professionnels, une forte minorité chez les quelque 247.000 sapeurs-pompiers (militaires, professionnels, volontaires) de France.

Ils réclament notamment à l’État une revalorisation des salaires et des effectifs pour mieux faire face à la hausse continue du nombre des interventions sur le terrain, « de l’ordre de 3% par an », selon M. Goretti.

Selon M. Goretti, les pompiers partent de plus en plus fréquemment en intervention « en nombre trop limité, qui ne leur permet pas d’assurer correctement leurs missions de secours ».

« Nous devons assurer de plus en plus de missions de secours à la place de la police ou du Samu. Résultat, « certaines casernes sont en carence et ce sont d’autres, plus éloignées, qui doivent faire 10 à 15 km pour porter secours aux gens. Or on sait qu’en cas d’urgence, pour les arrêts cardiaques par exemple, sauver une vie peut-être une question de minutes », a-t-il expliqué.

Les sept syndicats mobilisés ont adressé un courrier mercredi dernier au ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, dans lequel ils dénoncent « un déni de dialogue social » et « les politiques et projets néfastes du gouvernement ».

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