Grève chez Michelin pour défendre l’usine de la Roche-sur-Yon

LA ROCHE-SUR-YON, 4 octobre 2018 (AFP) – La CGT du groupe Michelin a appelé jeudi à la grève pour défendre la pérennité de l’usine de la Roche-sur-Yon, où une centaine de personnes ont manifesté, a constaté une journaliste de l’AFP.

La CGT représente 44,6% des salariés de cette usine de 700 personnes.

Derrière une banderole réclamant « des investissements industriels en France », un cortège de 120 personnes selon la police, 150 selon la CGT, a défilé dans les rues de la préfecture vendéenne.

Selon les premières estimations de la direction, 14% des salariés ont fait grève dans l’équipe de nuit à la Roche-sur-Yon et 6% pour l’équipe de production du matin. Dans les autres usines, le mouvement de grève a été peu suivie.

Derrière une large banderole réclamant notamment « des investissements industriels en France », un cortège de 120 personnes selon la police, 150 selon la CGT, ont défilé dans les rues de la Roche-sur-Yon.

Plusieurs dizaines de délégués syndicaux CGT venus d’autres usines hexagonales du géant du pneumatique avaient fait le déplacement.

Alors que le groupe avançait au son du slogan « De l’argent pour nos salaires, pas pour les actionnaires », Pierre, un jeune salarié vendéen expliquait son inquiétude, en l’absence de « clarté sur l’avenir de l’usine ».

En 2016, Michelin avait lancé un « pacte d’avenir » sur cinq ans pour inscrire l’usine vendéenne qui fabrique des pneus poids lourds dans « un cercle vertueux de progrès ».

Mais en février dernier, en raison de mauvais indicateurs, le groupe a décidé de faire une pause dans ce pacte jusqu’en décembre 2019.

« Nos prévisions de ventes, sur le marché européen comme sur le marché mondial, dans un contexte concurrentiel beaucoup plus intense que ce qu’on avait prévu, n’étaient pas exactement là où on les attendait », a expliqué à l’AFP Benoît Heubert, directeur industriel Europe pour les pneumatiques Poids lourds.

Une nouvelle organisation du travail a été mise en place début juillet et « l’usine est en train de se reprendre », s’est toutefois réjoui M. Heubert.

Cependant, selon Jean-Paul Chiocchetti, DRH de Michelin France « sur l’année 2018, il va y avoir une cinquantaine d’emploi en moins » à La Roche-sur-Yon, où 730 personnes travaillaient début 2018.

Malgré « 56 millions d’euros d’investis, il y a eu une mise en pause du projet (pacte d’avenir, ndlr) au mois de février », a regretté Antony Guilloteau, secrétaire du syndicat CGT à la Roche-sur-Yon.

Selon lui, « les salariés sont en train de travailler, de faire des efforts, sans savoir où ils vont ».

faa/db/LyS