Grève dans les Ehpad: « il y aura du monde », prédit Martinez (CGT)

PARIS, 28 janvier 2018 (AFP) – « Je peux vous assurer qu’il y aura du monde » pour la journée d’action organisée mardi dans les d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), prévient dimanche Philippe Martinez (CGT) dans une interview au Parisien-Aujourd’hui en France.

Concédant que la mobilisation contre les ordonnances réformant le droit du travail n’a « pas été un franc succès », M. Martinez estime que la mobilisation dans les Ehpad sera un « exemple intéressant » de ce qu’il faut faire pour réussir une contestation.

Son syndicat a « fait monter la mayonnaise » depuis « un an », avec « des mobilisations, maison de retraite par maison de retraite, sur des questions concrètes d’emploi, de conditions de travail », explique-t-il. « Maintenant, on est en capacité d’organiser une journée d’action de l’ensemble » et « je peux vous assurer qu’il y aura du monde », prédit-il.

« Cette stratégie », selon lui, « il faut l’appliquer dans tous les métiers ».

Les représentants des personnels ont appelé à une grève nationale inédite dans les Ehpad mardi, pour réclamer plus de moyens. Ce mouvement est unitaire, regroupant CGT, CFDT, FO, Unsa, CFTC, CFE-CGC et SUD, avec le soutien de l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) et d’associations de retraités.

Selon Philippe Martinez, la mobilisation contre les ordonnances, quant à elle, n’a pas pris parce que « certains salariés » ne se sont « pas (sentis) concernés » par les « mots d’ordre nationaux ». « Pour une mobilisation efficace, il faut d’abord travailler sur la réalité des travailleurs pour faire ensuite la liaison avec les enjeux nationaux ».

En ce qui concerne les réformes à venir, le leader de la CGT prévient : « pas touche aux régimes spéciaux » de retraite. Si le gouvernement veut les supprimer, la mobilisation « se fera spontanément ».

Pour M. Martinez, les régimes spéciaux ne sont pas « un privilège ». Il accuse le président Emmanuel Macron de vouloir opposer « les retraités, qui seraient aisés et iraient se dorer la pilule à Miami, aux jeunes qui galèrent », alors que « la réalité, c’est qu’il y a de plus en plus de retraités pauvres, obligés de travailler ».

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