Grève dans une clinique de Tarbes: salariés et direction devant la justice

TARBES, 13 décembre 2016 (AFP) – Le conflit social à la clinique de l’Ormeau, à Tarbes, s’est prolongé mardi matin devant la justice, avec l’assignation par la direction de 17 salariés devant le tribunal de grande instance, a constaté un correspondant de l’AFP.

Entre 400 et 500 personnes, selon les sources, se sont massées en début de matinée devant le TGI de Tarbes. Dans le dos de certains manifestants en blouse blanche, on pouvait lire: « aide soignante en grève » ou « urgences, personnel en souffrance ».

La direction de la polyclinique a assigné 17 salariés en référé pour faire cesser l’occupation de l’établissement, estimant qu’elle « excède l’exercice normal du droit de grève » et fait « craindre un risque sanitaire majeur ».

Une centaine d’autres grévistes se sont adjoints à la procédure aux côtés des 17 salariés, a indiqué leur avocat, Me Jean-Jacques Fellonneau. L’occupation, qui durait depuis une dizaine de jours, a pris fin lundi soir.

A l’audience, Me Isabelle Christian-Demangeot, avocate de la clinique, a rappelé l’estimation d’un médecin formulée lors du comité médical d’établissement: « 1.500 patients sont impactés par la grève et 600, qui devaient être diagnostiqués, n’ont pas pu l’être ».

Elle a évoqué une « atteinte à la liberté de travailler et une atteinte à la qualité de soins ».

Les grévistes « défendent leurs salaires, mais aussi leurs outils de travail », a répliqué Me Fellonneau, assurant avoir « énormément de témoignages de médecins, de patients qui sont venus travailler sans aucune gêne ».

Il a demandé à son tour le retour de la direction, et non d' »un cabinet tiers », à la table des négociations.

Le jugement a été mis en délibéré à mercredi matin.

Au sein de la polyclinique, le mouvement dure depuis le 8 novembre, touchant entre 45 et 60% du personnel soignant selon les sources. Les négociations sont dans l’impasse entre les grévistes et la direction de l’établissement, qui appartient au groupe Medipole partenaires. Lundi soir, les discussions avaient repris, avant d’échouer à nouveau.

Les grévistes ont annoncé, faute d’évolution, vouloir mener un blocage « complet » de la clinique mercredi à partir de 7H30.

Dans un communiqué, la Coordination des médecins libéraux des Hautes-Pyrénées s’était inquiétée de la durée du conflit.

« Les négociations doivent reprendre au plus vite pour trouver une issue à ce conflit très dangereux en terme de démographie médicale dédiée aux spécialités et à l’efficience professionnelle des médecins libéraux de ville », selon cette Coordination.

cor-alv/mah/jcc