Grève de femmes de chambre du deuxième plus grand hôtel Ibis en France

 PARIS, 23 juillet 2019 (AFP) – Une vingtaine de femmes de chambre de l’hôtel Ibis Batignolles de Paris, le deuxième plus grand en France et en Europe après celui de l’aéroport Charles-de-Gaulle, sont en grève depuis une semaine, a constaté l’AFP mardi.

Vêtues de boubous colorés, ces femmes d’origine africaine pour la plupart, employées par un sous-traitant, l’entreprise de nettoyage STN, réclament une hausse de leur rémunération et une diminution des cadences de travail.

Elle manifestaient en dansant sur une sono à fond mardi midi avec force drapeaux rouges de la CGT devant des touristes médusés, dans le hall de l’hôtel de 700 chambres jonché de confettis.

« Certains jours, on nous demande de faire 35, ou même 45 chambres dans la journée de travail de 7 heures, et on ne voit jamais les heures supplémentaires sur la fiche de paye », témoigne l’une d’elle.

« Moi j’ai un contrat qui prévoit 21 chambres pour 6 heures de travail, et je refuse de dépasser, je voudrais baisser à 18 chambres ou 16 », dit une autre.

La grève, qui a débuté mercredi dernier, est soutenue par le syndicat CGT des hôtels de prestige et économiques (CGT-HPE), en conflit avec le syndicat CGT propreté, majoritaire chez STN.

Selon Emmanuel Estren, directeur de l’hôtel Ibis Batignolles (groupe Accor), « une minorité des salariées de STN affectées au nettoyage de l’hôtel sont en grève ». Il estime que 15 à 18 femmes de chambre sont en grève sur la quarantaine présentes sur le site et renvoie à la société sous-traitante.

Les responsables de STN présents dans le hall de l’hôtel se sont refusés à tout commentaire.

Parmi les revendications figurent l’embauche des salariées directement par l’hôtel Ibis, le passage à temps complet des salariées à temps partiel et la diminution des cadences à 2 chambres et demie à l’heure (au lieu de 3 et demie).

En décembre dernier, un accord avait mis fin à une grève de 87 jours de salariés de STN en sous-traitance à l’hôtel Park Hyatt Vendôme, soutenus par le CGT-HPE.

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