Grève des avocats: le tribunal de Toulouse alerte sur les « conséquences » du mouvement

 TOULOUSE, 29 janvier 2020 (AFP) – Le tribunal judiciaire de Toulouse a adopté mercredi une motion, alertant sur les « conséquences importantes » du mouvement de grève des avocats qui « déstabilise le fonctionnement du service public de la justice », au lendemain d’une action coup de poing de la profession.

Mardi, plusieurs centaines d’avocats se sont regroupés à 13H00 devant le tribunal judiciaire de Toulouse dans le cadre de leurs actions de protestation contre la réforme des retraites, bloquant pendant près de trois heures tous les accès au bâtiment.

Aucune audience n’a donc pu avoir lieu, les personnes convoquées et les camions du centre de rétention et de l’administration pénitentiaires ayant été empêchés d’accéder au bâtiment et au parking.

Dans une motion adoptée à l’unanimité en assemblée générale plénière extraordinaire, le procureur, le président du tribunal judiciaire et le directeur de greffe ont déploré que « les actions locales choisies déstabilisent le fonctionnement du service public de la justice au mépris des libertés et des droits fondamentaux ».

Le tribunal judiciaire a également « condamné les prises à partie personnelles vis à vis des magistrats, des fonctionnaires et des collaborateurs du service public de la justice » et « alerté sur les conséquences importantes de ce mouvement en terme de délai de traitement des procédures ».

Quelques heures plus tôt, le procureur général près la cour d’appel de Toulouse Franck Rastoul réclamait dans un entretien à La Dépêche, « un retour à la sérénité ».

« Quand j’entends certains avocats affirmer qu’ils veulent faire imploser le fonctionnement judiciaire, je m’inquiète des conséquences », a-t-il indiqué. « Il faut retrouver une certaine sérénité, un fonctionnement minimal pour assurer le service public de la justice et revenir à un certain équilibre ».

Cette mobilisation des avocats contre la réforme des retraites est entrée dans sa troisième semaine au niveau national. Elle a parfois conduit à l’embolie des juridictions, avec jusqu’à 80 à 90% des audiences pénales renvoyées dans certaines villes.

Le projet de réforme prévoit notamment de doubler les cotisations retraite (de 14 à 28%) pour les avocats gagnant moins de 40.000 euros par an, et les pensions, actuellement au minimum de 1.400 euros net, passeraient à 1.000 euros, selon le Conseil national des barreaux (CNB).

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