Grève des conducteurs de camions citernes, très suivie en Ile-de-France selon la CGT

PARIS, 26 mai 2017 (AFP) – Une majorité des conducteurs de matières dangereuses (carburant, gaz, produits chimiques…) étaient en grève vendredi en Ile-de-France, et plusieurs dépôts de l’Ouest étaient également mobilisés, selon la CGT qui a appelé à un mouvement illimité pour améliorer les conditions de travail de la profession.

Si cette grève, déclenchée en plein week-end de l’Ascension, persiste, elle pourrait entraîner des difficultés d’approvisionnement car les stations essence ont une autonomie de trois jours, selon la CGT. « Demain, on remet le couvert », a déjà prévenu la fédération CGT-Transport.

Mais l’Ufip (Union française des industries pétrolières) se montrait « rassurante ». « Les opérateurs membres de l’Ufip ont anticipé ce mouvement », a indiqué à l’AFP la porte-parole de l’Ufip Catherine Enck.

« On a pris des dispositions pour (…) que les stocks soient au plus haut ce week-end un peu partout en France », a déclaré le PDG de Total, Patrick Pouyanné, en marge de l’assemblée générale des actionnaires du groupe, et « en liaison avec les autorités, nous veillons à ce que les principaux dépôts puissent être utilisables ».

En Ile-de-France, la fédération CGT-Transports faisait état d’une moyenne de « 70% de grévistes en région parisienne » avec des grévistes dans huit dépôts de carburants sur neuf. « Seul le dépôt de Grigny fonctionne normalement », selon Fabrice Michaud, secrétaire fédéral.

Les salariés ne bloquent pas les sites ou les accès, d’après la CGT. A l’aube, une tentative au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), plus grand dépôt d’Ile-de-France, a été repoussée par les forces de l’ordre, selon la police. Le syndicat affirme que les entreprises de transport « ont eu recours à des intérimaires et donnent une prime exceptionnelle de 100 euros à ceux qui travaillent ».

En province, le site de Lorient (Morbihan), bloqué selon la CGT en début de matinée, ne l’était plus à la mi-journée, a constaté l’AFP. Le dépôt de Donges (Loire-Atlantique) le restait en revanche pour les camions de matières dangereuses, selon Erwan Praud (CGT), qui souligne que « beaucoup de camions ont essayé de venir sur les sites mais par solidarité ils ne rentrent pas ». Les autres véhicules (bus, cars…) peuvent eux s’approvisionner, a-t-il précisé.

A La Rochelle, les militants CGT et grévistes « filtrent » l’accès au dépôt mais il n’est plus bloqué, selon deux sources CGT.

La CGT exige une meilleure prise en compte, au sein de la convention collective du transport routier, des « spécificités » propres aux matières dangereuses. Parmi ses revendications: une durée journalière de travail maximale de 10 heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de 14 euros de l’heure et un treizième mois.

Un conducteur « transportant 38.000 litres de carburant ou 24 tonnes d’acide est payé 9,73 euros de l’heure », alors qu’il doit obligatoirement « être titulaire de certificats spécifiques obtenus après des examens » devant être renouvelés « tous les 5 ans », rappelait récemment la CGT dans un tract.

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