Grève des « petites mains » d’un palace parisien: situation « bloquée » au neuvième jour

PARIS, 3 octobre 2018 (AFP) – Le conflit était « complètement bloqué » mercredi au Park Hyatt Vendôme, un palace parisien, au neuvième jour de grève de salariés y travaillant en sous-traitance, qui réclament « avant tout » leur internalisation, ont indiqué les représentants syndicaux CGT lors d’un rassemblement devant l’hôtel.

« La lutte des classes, c’est ici », « Hyatt, non à la sous-traitance »: désormais fermée par la direction, la grande porte d’entrée du palace, dans la très chic rue de la Paix à Paris, était barrée par des panneaux. Devant, un stand improvisé de confection de sandwiches pour le rassemblement. Les entrées et sorties des clients se font par une petite porte à côté.

Depuis le début de la grève le 25 septembre, parallèlement à une manifestation de ces « petites mains » de l’hôtellerie, il n’y a eu « aucune rencontre avec la direction. Pas de dialogue, rien », déplore Fama Sarr, salariée du groupe de propreté STN et déléguée du personnel au Park Hyatt Vendôme.

Mais les grévistes affichent leur détermination. « Ce n’est pas la première fois qu’on lutte, on ne lâchera pas. Si on est descendu (dans la rue, ndlr), ce n’est pas pour perdre, c’est pour gagner », assure Nora Khalil, déléguée du syndicat CGT Hôtels de prestige et économiques (CGT-HPE).

Sous-traiter l’entretien des chambres comme « le fait le Park Hyatt Vendôme depuis son ouverture en 2002 fait partie du modèle économique des hôtels de la chaîne Hyatt dans le monde entier » et ne peut être modifié par l’établissement, a répondu à l’AFP Claudio Ceccherelli, directeur général du palace.

Quelque 20 à 25% du personnel travaillant dans l’établissement – femmes de chambre et agents de sécurité – sont employés par des sociétés sous-traitantes.

Les grévistes – près de 75% du personnel de la sous-traitance, selon le syndicat – réclament leur internalisation dans les effectifs de l’hôtel, « seul palace parisien » qui fait appel à une société extérieure pour son service hébergement (gouvernantes, femmes de chambre, équipiers, valets de chambre).

Ils demandent également une augmentation pour leurs collègues déjà intégrés, dont une dizaine sont aussi en grève selon Claude Lévy, de la CGT-HPE.

« Ça fait des mois qu’on demande une réunion et ils ont toujours refusé », ajoute Mme Khalil.

Autre revendication, la mise en place de délégués de proximité. Les ordonnances réformant le droit du travail ont supprimé le droit pour les salariés de la sous-traitance de se présenter aux élections professionnelles dans l’établissement où ils sont mis à disposition.

Et chez STN (4.700 salariés), il est prévu la mise en place « d’un seul comité social et économique (CSE, institué par les ordonnances) au niveau national ».

Selon M. Ceccherelli, la direction de l’hôtel « travaille avec STN pour essayer de trouver une solution » à ce « problème de délégation ».

Dénonçant des « entraves au bon fonctionnement » des institutions représentatives du personnel, la CGT-HPE a assigné en référé à la fois l’hôtel et le groupe STN.

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