Grève des salariées des toilettes de trois gares parisiennes: le mouvement continue

PARIS, 5 juillet 2019 (AFP) – Les salariées des toilettes de trois gares parisiennes, en grève depuis le 24 juin pour sauver leur emploi, ont décidé vendredi de poursuivre leur mouvement bien qu’une procédure en référé leur ait donné tort jeudi, a annoncé la CGT.

« Cette décision injuste ne décourage pas les femmes de ménage qui avec la CGT continuent de lutter pour faire entendre leur droit (et) restent en grève! », écrit le syndicat dans un communiqué.

Selon le syndicat, en rendant sa décision exécutoire, le TGI de Paris a estimé que « les femmes de ménage auraient soi-disant empêché des non-grévistes de travailler ».

Les grévistes dépendent de la société Derichebourg qui a sous-traité l’activité nettoyage à un concessionnaire néerlandais, 2theLoo. Au moment où ce contrat de sous-traitance est renouvelé, elles reprochent à 2theLoo de ne pas appliquer la convention collective du nettoyage, mais la convention du commerce, moins protectrice.

« Si 2theLoo appliquait la convention collective nationale de la propreté, il n’y aurait pas eu de conflit », souligne la CGT en précisant que le référé porte sur les gares de Lyon et d’Austerlitz où « ce même jour, comme il arrivait d’habitude, des non-grévistes travaillaient ».

« Ce n’est pas nous qui entravions l’accès aux toilettes », a affirmé Richard Bloch (CGT). « C’est le fait qu’elles n’étaient plus nettoyées qui a entraîné leur fermeture ».

« Nous allons probablement attaquer la décision par 2theLoo de ne pas appartenir à la convention collective du nettoyage », a-t-il ajouté.

A la gare du Nord, également touchée par le mouvement, les grévistes ont décidé d’évacuer les lieux ce vendredi pour éviter le référé, a-t-il ajouté.

Selon M. Bloch, « une quarantaine de salariées, certaines avec plus de 20 ans d’ancienneté, sont concernées ». « Elles ne souhaitent pas changer de lieu de travail et veulent garder la convention collective du nettoyage ». Derichebourg leur a en effet proposé de travailler aux mêmes conditions sur d’autres sites.

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