Grève des salariés des secteurs hydroélectrique, thermique et nucléaire

PARIS, 24 novembre 2015 (AFP) – Les salariés des secteurs de production d’électricité, hydraulique, thermique et nucléaire étaient en grève mardi pour protester contre l’impact social des restructurations en cours, de la loi sur la transition énergétique et la politique européenne, a-t-on appris de sources concordantes.

« Cinquante piquets de grève étaient recensés dans le secteur hydroélectrique et plus de 50% des salariés du secteur étaient en grève, ce qui a entraîné une baisse de production de 7.000 mégawatts sur le réseau », selon Dominique Pani, de la CGT-Hydraulique, qui avait appelé à cette grève avec FO et la CFE-CGC pour les salariés de ce secteur.

Les centrales thermiques de Gardanne (Bouches-du-Rhône), Cordemais (Loire-Atlantique), du Havre (Seine-Maritime) et de Porcheville (Yvelines) ont également participé au mouvement avec des arrêts de production, selon Marie-Claire Cailletaud, de la Fédération mines et énergie de la CGT.

Le taux de grévistes allait de « 50 à 75%, selon les sites de production d’électricité », a souligné Mme Cailletaud.

Côté nucléaire, « 18 des 19 centrales nucléaires françaises avaient appelé au mouvement et cinq d’entre elles ont procédé à des baisses de charge de 2.100 mégawatts au total, Chinon (Indre-et-Loire), Blaye (Gironde), Cruas (Ardèche), Golfech (Tarn-et-Garonne) et Saint-Alban (Isère) », selon Thierry Raymond, de la CGT nucléaire qui parle de « 20 à 35% de grévistes » dans son secteur.

Seule la CGT avait appelé les salariés à la grève dans les secteurs thermique et nucléaire.

Ce mouvement social a entraîné une baisse de charge cumulée de 12.000 MW, selon Mme Cailletaud.

Interrogée par l’AFP, EDF a chiffré à « 8,15% » le taux de grévistes sur « l’ensemble de ses effectifs », de près de 70.000 personnes (EDF SA).

Les salariés des barrages hydroélectriques, déjà rejoints par leurs collègues du thermique et du nucléaire, avaient déjà manifesté le 4 novembre.

Ils craignent des pertes d’emplois conséquentes consécutives à la restructuration du secteur, touché à la fois par la loi sur la transition énergétique et l’ouverture des concessions hydroélectriques à la concurrence.

La Commission européenne a adressé une mise en demeure à la France pour ne pas avoir favorisé la concurrence dans l’attribution de ses quelque 400 concessions hydroélectriques.

Propriétés à 100% de l’Etat, les barrages sont actuellement concédés en France en très grande majorité à EDF (qui détient environ 85% de la puissance installée) et à Engie (ex-GDF Suez), via ses filiales Compagnie nationale du Rhône (CNR) et Société hydroélectrique du Midi (Shem).

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