Grève du 19 mars: un mouvement qui s’annonce très suivi dans les écoles

PARIS, 18 mars 2019 (AFP) – La grève dans les écoles maternelles et élémentaires s’annonce particulièrement suivie mardi, journée de mobilisation interprofessionnelle à l’appel de plusieurs syndicats, avec quatre enseignants sur dix ayant indiqué qu’ils ne feraient pas classe, selon le principal syndicat du primaire.

Les professeurs des écoles doivent annoncer à l’avance s’ils comptent participer, ou pas, à un appel à la grève. Les réponses compilées par les antennes départementales du Snuipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, indiquent que quatre enseignants sur dix entendent se mettre en grève mardi.

Les enseignants « se sont saisis de cette journée pour protester contre l’orientation de la politique éducative », indique Francette Popineau, secrétaire générale du syndicat. Le projet de loi « sur l’école de la confiance », voté en février à l’Assemblée nationale, ne donne aucun moyen supplémentaire, « sauf aux écoles privées », ajoute-t-elle.

Dans le cadre de cette loi, l’instruction obligatoire démarre à trois ans, et non plus à six, et engendre en effet des dépenses nouvelles pour les communes, en direction des maternelles privées. Aux dépens des écoles publiques, assurent ses opposants.

La quasi-totalité des enfants de 3 à 6 ans qui ne sont pas scolarisés résident dans les départements et régions d’Outre-Mer, rappelle la responsable syndicale. Mais aucun effort financier n’a été fait dans leur direction, ajoute-t-elle.

Autre grief des professeurs du primaire: le « recadrage, avec menaces de sanctions », envoyé par le ministère de l’Education nationale début mars aux recteurs, qui vise les enseignants refusant de faire passer les évaluations de CP et CE1 à leurs élèves, ajoute Mme Popineau.

Ces évaluations, sous leur forme actuelle, sont vertement critiquées par des enseignants, y compris certains favorables à ce type de dispositif, mais le ministre « avance seul » et « refuse d’écouter », déplore Mme Popineau.

L’ampleur du mouvement dans le secondaire était en revanche difficile à estimer lundi, les professeurs des collèges et lycées n’ayant pas l’obligation de se déclarer à l’avance.

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