Grèves SNCF et RATP: la base suivra-t-elle les consignes des syndicats?

PARIS, 20 décembre 2019 (AFP) – La clé de la grève à la SNCF et à la RATP contre la réforme des retraites reste entre les mains des agents: l’Unsa ferroviaire appelle à une pause pour les fêtes, d’autres organisations veulent poursuivre le mouvement, mais tout dépendra de la réaction de la base.

« Pas de pause » dans la grève illimitée à la SNCF, « la trêve, c’est la défaite », « toujours dans la lutte » contre la réforme. Vendredi sur Twitter, au 16e jour consécutif du conflit, des militants de l’Unsa ferroviaire refusaient la position arrêtée jeudi soir par leur bureau fédéral de « marquer une pause » pour les congés de Noël et du Nouvel An.

Une décision prise après avoir obtenu « des avancées notables » sur les retraites des cheminots et « dans un souci de continuité du service public », a expliqué le syndicat.

Mais lors d’assemblées générales (AG) vendredi, par exemple à Rennes ou à la gare de Lyon, à Paris, des militants Unsa ferroviaire ont voté pour la poursuite de la grève.

« C’est un épiphénomène », a relativisé auprès de l’AFP Didier Mathis, secrétaire général du syndicat. « On n’a pas eu le temps de leur expliquer clairement nos avancées. C’est un dossier très pointu et complexe », a-t-il fait valoir.

Et « il y a de l’incompréhension. On a appelé à une pause. On verra en janvier quelle attitude suivre et on reviendra en force sur nos revendications » car s’il y a « des avancées, le compte n’y est pas » encore, a-t-il souligné.

La période de Noël « n’est pas propice pour continuer un mouvement », a-t-il jugé. Les cheminots aussi prennent des vacances, « doivent recharger leurs batteries » et « penser à leur trésorerie. Un jour de grève, c’est environ 100 euros perdus ». Dans tous les cas, « chaque cheminot agit en son âme et conscience ».

A la RATP, le syndicat Unsa a d’ailleurs laissé aux « AG souveraines » la décision de poursuivre ou non la grève, tout en expliquant avoir obtenu une « réponse incomplète » à ses revendications.

– « Maintenir la dynamique » –

Vendredi, des AG d’agents RATP ont voté pour « la reconduction de la grève jusqu’à lundi, d’autres jusqu’à jeudi », a indiqué Bertrand Hammache, secrétaire général de la CGT-RATP, qui appelle à poursuivre le mouvement avec la CFE-CGC-RATP. Mais il faudra « tenir » jusqu’à la rentrée, a-t-il reconnu, et « maintenir la dynamique » avec « des initiatives, des manifestations ».

« Maintenir la flamme » pendant les fêtes de fin d’année chez les grévistes de la SNCF, c’est aussi le but de SUD-Rail.

« Pour nous maintenant, l’objectif , pendant les 15 jours à venir, c’est d’entretenir le mouvement pour repartir à la rentrée », a déclaré Erik Meyer, secrétaire fédéral de ce syndicat.

Avec un « Noël des grévistes et des rassemblements le 28 décembre », il y aura « une multitude d’actions locales menées avec les grévistes présents. Les inscriptions sont en cours pour assurer une présence permanente sur les sites », selon Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots.

SUD-Rail tiendra « des points d’information » et envisage des actions « avec des profs, des postiers, des syndicats des transports urbains » et la CGT-Cheminots, a détaillé Erik Meyer.

Une pause serait, selon lui, suicidaire pour le mouvement: « Si on coupe la grève, on n’arrivera jamais à la faire repartir à la rentrée. »

Pause, arrêt, poursuite de la grève? La CFDT-Cheminots devait décider sa position vendredi. « On ne pourra prendre une décision que si on a des engagements formels, des éléments concrets, des garanties », avait expliqué mercredi Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de ce syndicat.

Mais « après autant de jours de grève, il y a plus d’exigences qu’en début de conflit », avait-il souligné.

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