Groupements hospitaliers de territoire: les hôpitaux alertent Touraine

PARIS, 19 février 2016 (AFP) – La Fédération hospitalière de France (FHF) a demandé vendredi à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, la réécriture du projet de décret sur les groupements hospitaliers de territoire (GHT), dénonçant un manque de souplesse inadapté aux réalités locales.

« La FHF alerte sur un risque de sur-réglementation et appelle à une initiative politique du gouvernement pour sauver la réforme », déclare le lobby des hôpitaux publics dans un communiqué, réclamant une « réécriture complète du projet de décret » sur les GHT.

Instaurés par la loi Santé, les GHT ont vocation à améliorer les prises en charge des patients tout en mutualisant les moyens des établissements, sur la base d’un projet médical commun et en fonction des besoins d’un territoire.

Chaque hôpital devra obligatoirement intégrer l’un de ces GHT d’ici au 1er juillet.

Mais si la FHF s’est toujours montrée favorable à la mesure, la qualifiant de « révolution silencieuse », les premières versions des décrets d’application « dénaturent l’esprit de la loi » en instaurant une « bureaucratisation extrême » au détriment des « acteurs de terrain », s’inquiète son président, Frédéric Valletoux.

« En détaillant à l’extrême les organisations de gouvernance, en mettant à l’écart les acteurs locaux », élus ou représentants des patients, le texte ne prend pas en compte la réalité et la diversité des situations locales, explique-t-il à l’AFP.

Par exemple, l’obligation de mettre en place une trésorerie commune pour les hôpitaux membres d’un GHT n’est pas souhaitable, dans la mesure où certains « désirent des quasi-fusions », quand d’autres préfèrent conserver leur autonomie, détaille-t-il.

« Pour nous, les GHT c’était un espace de liberté. Il y avait un cadre, une obligation de coopération, mais on laissait les acteurs de terrain s’organiser », fait valoir le président de la FHF.

« Si ce décret passe en l’état, ce serait nier la réforme. Il faut que la ministre reprenne la main, que le gouvernement (…) s’oppose à l’administration qui est en train de monter une usine à gaz », s’alarme M.Valletoux.

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