Handicap: 30 millions d’euros en moins pour le fonds d’insertion (APF)

PARIS, 6 septembre 2016 (AFP) – L’Association des paralysés de France (APF) s’est élevée mardi contre un manque à gagner de 30 millions d’euros pour le fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, accusant le gouvernement de « sacrifier l’emploi des personnes en situation de handicap.

Les universités ont été autorisées, pour la troisième année selon l’APF, à ne pas verser la totalité de leur contribution à ce fonds, le FIPHFP, une mesure qui a permis au gouvernement de dégager 30 millions d’euros pour assurer la sécurité dans l’enseignement supérieur face au risque terroriste.

Tous les employeurs publics employant moins de 6% de personnes handicapées doivent normalement contribuer à ce fonds. Selon l’APF, les universités sont à 1,6%.

En 2016, elles vont payer moins qu’elles ne le devraient: « la dérogation a été reconduite pour cette année », précise-t-on au ministère de l’Education. Le gouvernement assure que la mesure ne « pénalise pas l’emploi des personnes handicapées ».

Pour l’APF, cette « nouvelle main basse du gouvernement » va au contraire « se faire au détriment des droits des personnes en situation de handicap ».

« Ce gouvernement ne cesse de remettre en cause les moyens alloués à l’emploi » de ces personnes, poursuit l’association.

De son côté, l’ancienne secrétaire d’État Marie Anne Montchamp, présidente du club Entreprises&handicap, a déploré un « coup préjudiciable » au FIPHFP.

« La politique d’emploi en faveur de nos compatriotes handicapés ne peut en aucune façon être la variable d’ajustement des autres politiques publiques », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

En 2015, les dépenses du FIPHFP se sont élevées à 160 millions d’euros, en baisse de 12% par rapport à 2014. Les contributions des employeurs ont baissé de 41% à 126 millions d’euros, selon le dernier bilan.

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