Handicap: 4 associations quittent la concertation sur le futur revenu universel

PARIS, 4 février 2020 (AFP) – Quatre associations de défense des personnes handicapées ont claqué la porte mardi de la concertation menée par le gouvernement pour définir les contours du futur « revenu universel d’activité » (RUA) car elles refusent que leurs allocations actuelles soient intégrées dans ce dispositif, et estiment n’être pas suffisamment écoutées.

« Nos associations en ont assez (…) de participer à une pseudo-concertation alors même que nos ministres semblent avoir déjà pris leurs arbitrages », écrivent dans un communiqué les représentants de l’APAJH, d’APF France Handicap, de l’Unafam et de l’Unapei.

« Depuis plus de six mois, nous rappelons sans cesse que l’intégration de l’AAH » (Allocation pour adultes handicapés) dans le RUA « va à l’encontre des droits des personnes en situation de handicap », expliquent encore les signataires, qui refusent « d’être les témoins silencieux de la mort d’un droit acquis de longue date ».

Le RUA, qui pourrait concerner près de 15 millions de personnes à l’horizon 2023, doit intégrer les actuels RSA, prime d’activité et allocations logement mais aussi, éventuellement, l’AAH et le minimum vieillesse, voire d’autres prestations.

La concertation lancée par le gouvernement pour définir les contours de cette réforme laisse entrevoir un « consensus » en faveur d’une prestation ouverte aux moins de 25 ans, actuellement non éligibles au RSA, selon des résultats dévoilés en janvier par l’exécutif. En revanche, 61% des personnes ayant donné leur avis sur internet ont estimé que l’actuelle AAH ne devrait pas être fondue dans le futur RUA.

« Les citoyens sont-ils écoutés ou bien juste embarqués dans un semblant de démocratie participative ? » demandent à ce propos les associations.

Dans un communiqué, les ministres concernées Agnès Buzyn, Sophie Cluzel et Christelle Dubos, chargées respectivement des Solidarités, du Handicap et de la lutte contre la pauvreté, ont dit « prendre acte » et « regretter » la décision des associations.

L’intégration de l’AAH dans le RUA « n’est à ce jour pas actée », ont-t-elles souligné, ajoutant que la décision ne serait prise qu’à l’issue d’un travail de concertation qui « continue ».

Une telle intégration « permettrait de résoudre beaucoup de dysfonctionnements qui pénalisent les personnes en situation de handicap, qu’elles soient seules, en couple, avec des enfants », a néanmoins estimé Mme Dubos.

Pour autant, « il est hors de question de fusionner sans différentiation » entre les différents profils de bénéficiaires, et « nous avions commencé à évoquer avec les associations des scénarios où la part de prestation liée au handicap de la personne était clairement identifiée », a-t-elle souligné.

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