Handicap: l’absence d’un ministre délégué dans le nouveau gouvernement inquiète

PARIS, 9 juillet 2020 (AFP) – « L’absence d’un ministère délégué au handicap est un très mauvais signal », a déploré jeudi auprès de l’AFP le président du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH), Jérémie Boroy, se disant « inquiet d’une relégation » dans le nouveau gouvernement de ce sujet qui concerne au sens large près de 12 millions de personnes.

Pour M. Boroy, le « gouvernement a fait des choix politiques et pris des orientations qui donnent un mauvais signal ». Il s’étonne par exemple de l’existence d’un « ministère délégué à la Mer, mais pas aux Personnes handicapées ».

« On ne peut pas renoncer à une politique globale concernant le handicap », a-t-il estimé, rappelant qu’Emmanuel Macron avait annoncé le 11 février une série de mesures « pour améliorer la vie des 12 millions de personnes handicapées » lors d’un Comité national du handicap.

Le gouvernement de Jean Castex compte toutefois une ministre déléguée à l’Autonomie, l’ex-parlementaire Brigitte Bourguignon, « mais elle est rattachée au ministre de la Santé pour porter un chantier précis », celui de la création d’une 5e branche de la Sécurité sociale, a fait valoir M. Boroy.

L’ancienne secrétaire d’Etat chargée du Handicap, Sophie Cluzel, qui pourrait être reconduite, était placée auprès du Premier ministre Edouard Philippe.

« Nous devons retrouver un ministère dédié car sans incarnation, ni portage politique de ce sujet au conseil des ministres, cela n’ira pas assez loin », a poursuivi M. Boroy. « Dans un moment de crise, on ne peut pas parler de relance sans évoquer l’accessibilité de la société à tous. C’est la clé, sinon on va continuer à reléguer des gens ».

Les futurs secrétaires d’Etat du nouveau gouvernement devraient être annoncés la semaine prochaine, après le discours de politique générale du Premier ministre attendu le 15 juillet.

Le Défenseur des droits a dressé jeudi dans un rapport un constat « particulièrement préoccupant » de la France en matière d’accessibilité, pointant les « réticences persistantes des pouvoirs publics » à l’appréhender comme une « condition préalable essentielle à la jouissance effective des droits par les personnes handicapées ».

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