Harcèlement à l’Assemblée: les syndicats reprochent à Le Gendre de « fermer les yeux »

PARIS, 27 février 2020 (AFP) – Les syndicats de collaborateurs parlementaires ont dénoncé jeudi des « allégations mensongères » du chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre, qui a affirmé ne pas avoir « connaissance de cas précis suspects » de harcèlement moral et sexuel à l’Assemblée.

Interrogé sur France Inter par un auditeur sur des cas de harcèlement au sein du groupe majoritaire, M. Le Gendre a évoqué « quelques conflits du travail » impliquant des députés-employeurs traités aux prud’hommes, avec « des questions, ou l’argument, ou le moyen du harcèlement ».

« Je n’ai pas connaissance de cas précis suspect. Néanmoins, nous devons être intraitables par rapport à ce sujet », a-t-il ajouté, rappelant qu' »un dispositif de prévention et de traitement » avait récemment été mis en place par l’Assemblée, « une très bonne chose ».

Dans un communiqué, les sept organisations syndicales des collaborateurs parlementaires (CFE-CGC, CFTC, CGT, CFDT, SNCP-FO, Solidaires et Unsa) lui ont reproché de « ferme(r) une nouvelle fois les yeux » sur ce sujet qui « entache notre institution de façon inédite quant à son ampleur depuis le début de la présente législature ».

« Les sept organisations syndicales de collaboratrices et collaborateurs parlementaires que nous représentons sont particulièrement scandalisées par les allégations mensongères du président Le Gendre », poursuivent les syndicats.

Ils soulignent notamment lui avoir demandé en septembre 2019 « un rendez-vous d’urgence sur ce sujet précis, à la suite de la révélation par la presse d’un cas de harcèlement sexuel de la part d’un député du groupe qu’il préside ».

« Non. Le harcèlement moral et sexuel n’est pas un +argument+ ou +un moyen+ que les collaborateurs peuvent +éventuellement évoquer+ devant la justice. Ce sont des faits. Des faits qui peuvent ébranler une vie », poursuivent les représentants des quelque 2.000 collaborateurs de députés.

« En tant que représentants d’organisations syndicales, nous avons connaissance de cas individuels, parfois dramatiques. La négation de ces situations est irresponsable », insistent-ils.

Les plaintes pour harcèlement au Palais Bourbon sont rares. Mais la presse se fait régulièrement l’écho de procédures aux prud’hommes à l’encontre de députés. Des accusations démenties à chaque fois par les intéressés, certains portant plainte pour « dénonciation calomnieuse », comme Pierre Cabaré (LREM).

chl/reb/cs/bw