Harcèlement à l’Assemblée: réunion en urgence la semaine prochaine

PARIS, 4 septembre 2019 (AFP) – L’intersyndicale des collaborateurs parlementaires à l’Assemblée a demandé mercredi une « réunion d’urgence » contre le harcèlement moral et sexuel, après des révélations de presse sur une enquête concernant un député LREM, et rendez-vous a été fixé la semaine prochaine.

Selon France 3 Occitanie, l’élu de Haute-Garonne, Pierre Cabaré, fait l’objet d’une enquête préliminaire pour harcèlement moral et sexuel. Une ancienne assistante parlementaire, qui est également sa suppléante, a déposé plainte contre lui également pour agression sexuelle. L’inspection du travail a en outre saisi le parquet, rapporte le média.

Dans un communiqué, M. Cabaré, vice-président de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée, a assuré qu' »à raison des fausses accusations, rumeurs et malveillances dont je fais l’objet, j’ai bien avant les publications qui relayent les dites allégations, déposé plainte pour dénonciation calomnieuse et fausse attestation ».

Il a enregistré au total cinq départs de collaborateurs de son cabinet, dont deux licenciements pour fautes graves.

L’intersyndicale CFE-CGC, CFTC, CGT, CFDT, SNCP-FO, Solidaires, Unsa, qui a déjà alerté sur la problématique du harcèlement, a réclamé mercredi une réunion d’urgence au président de l’Assemblée Richard Ferrand (LREM) ainsi qu’aux huit présidents des groupes politiques.

M. Ferrand recevra l’intersyndicale la semaine prochaine, a-t-on appris auprès de son entourage.

« Il est en effet nécessaire de tout mettre en oeuvre auprès des députés et des collaborateurs, non seulement au Palais?Bourbon mais aussi en circonscription, pour s’assurer de la réelle prise en compte des cas de harcèlement moral ou sexuel en matière de prévention et de sanctions », a écrit l’intersyndicale, dans un extrait envoyé à la presse.

« Lorsque ces agissements sont avérés, ils sont en effet indignes de notre institution », ajoute-t-elle.

Au printemps dernier, l’Assemblée nationale a donné son feu vert à la création d’un dispositif de prévention et d’accompagnement dans la lutte contre le harcèlement, qui doit encore être mis en oeuvre.

Le bureau de l’Assemblée, plus haute instance collégiale, traitera de la mise en place de cette « cellule harcèlement » début octobre, a indiqué la présidence.

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