Hausse des salaires: une centaine de manifestants au siège de Veolia

AUBERVILLIERS, 8 février 2019 (AFP) – Une centaine de salariés du groupe Veolia (eau, déchets, énergie), mobilisés pour leurs salaires et leur pouvoir d’achat, ont manifesté vendredi devant le siège du groupe à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a constaté une journaliste de l’AFP.

« On veut du pognon », réclamait dans un mégaphone un militant CFDT, alors que l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CGT et FO avait appelé à la grève et qu’une délégation de ces organisations était reçue en fin de matinée par la direction.

Derrière lui, une banderole de son syndicat, accrochée aux grilles du siège social, décrétait l' »état d’urgence salariale ». Une autre demandait aux dirigeants de Veolia d’ouvrir « les robinets du pouvoir d’achat » et de fermer « les vannes des dividendes ».

Car les salaires ont progressé « seulement de 1% en moyenne depuis trois ans », tandis que les dividendes versés aux actionnaires ont progressé de « 10% par an de 2017 à 2019 », a comparé l’intersyndicale dans un communiqué.

Le groupe a décidé de verser cette année « 34 millions d’euros en actions à 700 cadres dirigeants », soit plus de 48.000 euros en moyenne par personne, quand les autres personnels en France (49.000 salariés) ne reçoivent que « cinq actions chacun », soit environ 90 euros par salarié, a dénoncé auprès de l’AFP Sylvain Chiche, délégué CGT chez Veolia Eau.

Selon la direction, « le pourcentage de grévistes a été très faible, mis à part l’activité Eau France (25%) ». Ailleurs, elle a compté « 4% de grévistes dans l’activité Recyclage et valorisation des déchets, encore moins à Sarp/Sarpi (déchets dangereux) ou chez Veolia Industries Global Solutions », a précisé à l’AFP le directeur des ressources humaines du groupe, Jean-Marie Lambert.

Devant la délégation de l’intersyndicale, a ajouté M. Lambert, la direction n’a pris « aucun engagement supplémentaire » par rapport à ceux pris fin janvier, notamment la « finalisation des négociations annuelles obligatoires (NAO) avant fin avril », avec un « accent » mis « sur les bas salaires ».

« On n’exclut pas de se mobiliser de nouveau », a déclaré à l’AFP Patricia Béhal de la CFE-CGC, à l’issue de la réunion.

L’intersyndicale souhaite « une meilleure répartition des revenus au sein de l’entreprise et une hausse (du) pouvoir d’achat » des salariés, notamment grâce à de « véritables NAO » sur les salaires. Les syndicats critiquent aussi le versement à uniquement 20% des salariés français de la prime exceptionnelle dite « prime Macron », fixée à « seulement 500 euros » par la direction. Ils exigent également « plus d’équité » dans les promotions, la formation et la mobilité.

Manifestant vêtu d’un gilet jaune, orné d’un large autocollant CGT, Dominique Métézeau travaille depuis 1998 dans l’entreprise. Chauffeur de poids lourd chez Taïs, filiale de collecte et traitement de déchets, il milite « depuis une dizaine d’années à la CGT » et rejoint les « gilets jaunes » chaque samedi « depuis le début » de ce mouvement.

« Je dois aider financièrement mes enfants » mais « c’est de plus en plus difficile. Mon salaire ne suffit plus. Je me bats pour eux et les gens autour de moi », a expliqué ce représentant du personnel. « Il faut que Veolia contribue. C’est un groupe qui gagne de l’argent », a-t-il ajouté, en réclamant « 3% de hausse des salaires ».

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