Hausse du temps de travail: PSA Vesoul présente son projet d’accord

STRASBOURG, 6 juin 2018 (AFP) – La direction de l’usine PSA de Vesoul (Haute-Saône) a présenté un projet d’accord d’augmentation du temps de travail qu’elle compte faire signer par les syndicats dès la semaine prochaine, a-t-on appris mercredi de sources syndicales.

Le texte prévoit le passage de 35 heures à 37h45 de travail par semaine, moyennant une augmentation de salaire de 3,1 %. Il reprend une proposition présentée la semaine dernière, qui revoit à la hausse la compensation salariale par rapport à l’intention de départ (+2,86 %), ont indiqué les sections FO et CFE-CGC.

Après trois réunions de négociations depuis le 22 mai, une quatrième est prévue lundi qui sera « la dernière dans l’esprit de la direction » avant la signature qu’elle espère dans les jours suivants, a précisé à l’AFP Sébastien Galmiche, délégué FO.

Le site de 3.000 salariés, centre mondial de pièces détachées de PSA, souhaite augmenter le temps de travail pour « gagner en compétitivité » sur son marché très concurrentiel de la logistique.

Aucun syndicat n’a cependant affirmé à ce stade qu’il signerait. FO, la CFE-CGC et la CFTC, qui sont favorables à ces dispositions sur le principe, vont à présent consulter le personnel. « Il faut décortiquer le texte point par point », a commenté M. Galmiche. FO réclame également une prime de compensation, pour l’instant sans succès.

La CGT, opposée dès le départ, a confirmé qu’elle ne signerait pas cet « accord de casse des 35 heures », synonyme de « travail gratuit » dans la mesure où la hausse de salaire ne compensera pas celle du temps de travail de 7,8 %, a indiqué Franck Guénot, délégué.

Avant de signer, la CFE-CGC attend des « précisions » sur le plan d’investissements évalué à « plusieurs dizaines de millions d’euros » jusqu’en 2021 qui accompagnerait l’accord. « C’est cette modernisation qui doit nous faire gagner en compétitivité, encore davantage que la révision du temps de travail. L’effort ne doit pas reposer que sur les salariés », a exposé à l’AFP son délégué Thierry Pagot.

L’accord devra aussi préciser les embauches en compensation, qui pourraient concerner 75 personnes sur trois ans.

Les salariés qui le refuseraient seront licenciés, « c’est 37h45 ou la porte », a critiqué la CGT.

Cette menace de licenciement est en fait une disposition de la réforme du Code du travail, les « ordonnances Macron », pour les nouveaux accords de performance collective, cadre dans lequel PSA Vesoul s’inscrit.

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