Hôpital: avant le Covid, les internes travaillaient 58 heures par semaine

PARIS, 14 mai 2020 (AFP) – Le temps de travail hebdomadaire moyen des internes de médecine à l’hôpital dépassait les 58 heures avant même la crise du coronavirus, selon une enquête publiée jeudi par l’Intersyndicale nationale des internes (Isni), qui juge cette situation « inacceptable ».

Selon cette enquête, menée entre mai et juillet 2019 auprès de 7.353 futurs médecins employés dans le cadre de stages de fin de cursus, le temps de travail atteignait même 60 heures hebdomadaires pour 40% des internes et 79 heures pour 10% d’entre eux.

« En chirurgie, cela va jusqu’à 70 heures par semaine », tandis que « les neurochirurgiens en formation travaillent eux plus de 82 heures » hebdomadaires, indique l’Isni, pour qui la situation a « empiré » depuis une précédente enquête en 2012.

En outre, « ces résultats bruts ne montrent que le temps passé dans leurs services et stages. Ils ne prennent pas en compte les heures passées au domicile consacrées à leur formation théorique », insiste l’organisation syndicale.

Pour le syndicat, la hausse du temps de travail — qui dépasse largement la limite de 48 heures hebdomadaire fixée par la législation européenne — est la conséquence directe du « manque de moyens humains » dans les hôpitaux.

Ce manque de moyens conduit ainsi les internes à passer de plus en plus de temps sur des activités administratives, « au lieu de se former au lit du patient », selon l’intersyndicale, qui réclame le respect des « temps de formation ».

Les repos de sécurité, obligatoires après une garde de 24 heures, sont quant à eux « de moins en moins respectés ». En 2012, 20% des internes disaient ne pas pouvoir en prendre de façon systématique. A présent, ils sont 29%, d’après l’enquête.

Les internes en médecine, qui représentent 44% des médecins hospitaliers selon l’Isni, se sont retrouvés en première ligne ces dernières semaines dans de nombreux hôpitaux face à l’épidémie de coronavirus.

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