Hôpital psychiatrique Pinel: une quinzaine de grévistes s’enchaînent aux grilles de l’ARS

LILLE, 10 octobre 2018 (AFP) – Une quinzaine de membres du personnel gréviste de l’hôpital psychiatrique Philippe Pinel se sont enchaînés mercredi aux grilles de l’Agence régionale de santé (ARS) à Amiens pour demander des moyens supplémentaires, a-t-on appris de sources syndicales.

« Ça va faire trois mois qu’on est en grève et qu’on ne nous entend pas. On est face à un mur, il va falloir qu’on le détruise d’une manière ou d’une autre », a déclaré par téléphone à l’AFP Marie Lefèvre, infirmière non-syndiquée.

« On demande des moyens juste suffisants pour travailler, on ne demande pas quelque chose de mirobolant », a souligné à l’AFP par téléphone Chrystèle Leclercq, déléguée CGT, confirmant une information du Courrier Picard. L’action, qui a commencé à 06H30, était terminée à la mi-journée.

Selon elles, la table ronde entre l’intersyndicale (FO, SUD et CGT) et l’ARS fin septembre « n’a rien donné ». Une nouvelle réunion de négociations avec la direction de l’hôpital est prévue vendredi à 14H00.

Le personnel mobilisé de l’établissement, qui emploie 940 personnes, demande notamment la création de 60 postes de soignants dans les services d’hospitalisation, la réouverture de deux unités de soins et l’effacement de la dette qui s’élève à 12 millions d’euros.

Sollicitée par l’AFP, l’ARS a rappelé que lors de la table ronde du 25 septembre, la directrice générale de l’Agence a annoncé « le maintien de l’aide exceptionnelle annuelle de 1 million d’euros (…) pour accompagner les premières actions du projet médical, notamment l’augmentation de la capacité des unités de 20 à 22 lits, (…) le recrutement de 10 infirmiers supplémentaires ».

Selon les chiffres de l’ARS, il y a en moyenne 5 à 10 grévistes et assignés quotidiennement depuis le début du mouvement mi-juin, « soit moins de 1% de l’effectif ».

« Ce sont les pratiques de l’hôpital Pinel qui sont à l’origine, pour l’essentiel, d’un sentiment de manque de moyens », a avancé l’ARS, citant des hospitalisations plus longues et plus nombreuses qu’ailleurs. Selon l’agence, l’hôpital dispose d' »un soignant pour 11 patients adultes en hospitalisation complète, contre 18 patients en moyenne régionale ».

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