Hôpital: troisième journée de mobilisation des internes

PARIS, 20 janvier 2020 (AFP) – Un peu plus d’un mois après le lancement d’une « grève illimitée », les internes en médecine étaient appelés à une troisième journée de mobilisation lundi, leur principal syndicat (Isni) réclamant notamment le respect de leur temps de travail.

A Paris, quelques dizaines d’entre eux, la plupart en blouses blanches, s’étaient ainsi rassemblés dans l’après-midi place du Panthéon (Ve arrondissement), aux grilles duquel était accrochée une banderole « hôpitaux en danger », a constaté une journaliste de l’AFP.

D’autres actions étaient également prévues à Caen ou encore à Angers, selon l’Isni.

« L’hôpital public tourne grâce à la bonne volonté des internes », fait valoir le secrétaire général du syndicat, Léonard Corti, dénonçant une « dégradation globale » qui impacte directement leur formation.

Alors que les internes travaillent « en moyenne 56 heures par semaine », bien au-delà des 48 heures réglementaires, l’Isni revendique un « décompte horaire » et non en demi-journées de leur temps de travail afin d’enrayer « les dérives ».

Le 10 décembre, début de la grève illimitée, « 16.000 internes, soit 60% » des médecins en formation, s’étaient mobilisés, selon M. Corti. Cinq jours plus tard, la ministre promettait que les dépassements du temps de travail seraient « rendus publics, dans tous les hôpitaux », qui « pourraient avoir des sanctions ».

Une « promesse intenable », tranche M. Corti, à l’heure où les internes peinent toujours à faire respecter le repos de sécurité – pause obligatoire depuis 2002 après 24 heures de travail d’affilée.

Voire leur droit à aller en cours : « on est souvent obligé de se battre pour s’absenter du service », a ainsi déploré Hélène, interne de 26 ans.

Elle s’inquiète également de perdre sa « liberté de choix de stage » dans le cadre d’une réforme de la dernière année d’internat, censée entrer en vigueur cette année et dont l’Isni réclame le report en raison d’un calendrier trop « serré ».

Le 17 décembre, l’Isni s’était joint à la journée de mobilisation organisée par une intersyndicale et des collectifs réclamant depuis plusieurs mois plus de moyens pour l’hôpital public.

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