Hôpitaux de Paris: les syndicats s’opposent à la vente du siège

PARIS, 27 mars 2019 (AFP) – Les principaux syndicats de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ont dénoncé mercredi le « démantèlement total » du siège social de l’institution, dont la vente et le déménagement ont été annoncés début 2018 par son directeur général, Martin Hirsch.

Situé au coeur de Paris, face à l’Hôtel de Ville, le siège de l’AP-HP doit être transféré d’ici 2021 dans un nouveau bâtiment qui sera construit dans l’hôpital Saint-Antoine, dans l’est de la capitale.

Ce déménagement s’accompagnera d’une « profonde transformation », avec « des effectifs plus resserrés », avait indiqué M. Hirsch en janvier 2018.

Ce projet « est assimilable au démantèlement total du siège actuel », estiment les syndicats de l’AP-HP CGT, Sud Santé, CFDT, Force ouvrière, CFTC et CFE-CGC dans un communiqué commun.

Ils dénoncent « l’opacité sur l’ampleur de ce plan social » et réclament « une audience auprès du directeur général afin qu’il annonce clairement et intégralement ses objectifs ».

Contactée, la direction a expliqué à l’AFP avoir constitué « des groupes de travail afin de redéfinir les missions et organisations du siège », qui regroupe 3.500 équivalents temps plein (ETP sur un total d’environ 88.000) répartis entre plusieurs sites.

« Les effectifs cibles concernés par ce déménagement ne pourront être définis qu’après cette phase, dont la fin est prévue à l’été 2019 », a-t-elle ajouté, assurant que « des informations sont effectuées fréquemment » auprès des syndicats.

« On est dans le flou le plus complet », déclare cependant à l’AFP Christian Courseaux (CFDT), affirmant que 900 agents étaient concernés par ce déménagement mais que « la capacité maximale d’accueil du futur siège est de 600 personnes ».

Pour ceux qui n’iront pas à Saint-Antoine, « on ne voit pas de piste d’atterrissage » au sein de l’AP-HP, ajoute Pascale Muller (FO), particulièrement inquiète pour les salariés contractuels.

Confrontée à une forte dégradation de ses comptes depuis 2017, le plus grand centre hospitalier français a serré la vis sur ses dépenses de personnel, gelées jusqu’en 2023, ce qui s’est traduit par la suppression nette de 405 ETP l’an dernier et une nouvelle diminution prévue de 779 ETP cette année.

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