Hôpitaux: grève des orthophonistes pour une revalorisation des salaires

PARIS, 3 juin 2016 (AFP) – Les orthophonistes hospitaliers, libéraux et étudiants étaient appelés à une grève vendredi pour réclamer une revalorisation des salaires à l’hôpital, trop faibles au regard de leur niveau d’études, et alerter sur une profession « en voie de disparition ».

Sifflet en bouche ou casserole en main, plus d’une centaine de blouses blanches s’étaient rassemblées en fin de matinée devant le ministère de la Santé à Paris, à l’appel de l’ensemble de leurs organisations représentatives, dont la Fédération nationale des orthophonistes (FNO), la CGT, FO ou encore la CFTC.

« Marisol, ras-le-bol » ou encore « salariés méprisés, les orthos en ont assez » scandait la foule majoritairement féminine sur l’air de la Reine des Neiges. « On aurait pu être plus nombreux mais des déplacements en bus ont dû être annulés à cause des inondations », a déploré Chantal Aubry (CFTC), qui ne pouvait pas donner de taux de grévistes en début d’après-midi.

Avec des salaires à peine supérieurs au Smic (1.466,62 euros bruts par mois, ndlr), les orthophonistes hospitaliers sont payés comme des Bac +2 alors que « nous avons obtenu 5 ans d’études », soit un niveau master, en 2013, pour une formation qui se déroulait en quatre ans depuis 1986, explique Marie-Paule, 61 ans, venue de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor).

Résultat, l’hôpital n’attire plus « les jeunes », et « de nombreux postes ne sont pas pourvus », déplore-t-elle. Au total, seuls 10% des quelque 20.000 orthophonistes recensés travaillent dans le public (950 postes en équivalent temps plein), selon la FNO, contre 30% dans les années 1980.

« Les prises en charge qui doivent se faire en urgence, après un AVC, par exemple, ne se font plus », explique Laurence Déforet, orthophoniste libérale de 44 ans venue de Franche-Comté. Du coup, les patients se redirigent vers des cabinets engorgés, « parfois avec un surhandicap », et les délais s’allongent.

Le ministère de la Santé a déjà proposé un système de primes de 9.000 euros sur trois ans pour les nouveaux embauchés titulaires, mais « cela ne concerne quasiment personne », s’est indignée Chantal Aubry.

En début d’après-midi, une délégation reçue par la DGOS (direction générale de l’offre des soins) refusait de quitter le ministère, exigeant de rencontrer des membres du cabinet de Marisol Touraine, selon Chantal Aubry.

« Nous réclamons une nouvelle réunion avant le 24 juin », date à laquelle doit se tenir un groupe de travail et où seront « théoriquement » présentées de nouvelles grilles salariales, a-t-elle ajouté.

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