Hôpitaux: le déficit des CHU en forte hausse en 2017

PARIS, 12 juin 2018 (AFP) – La situation financière des centres hospitaliers universitaires (CHU) s’est fortement dégradée en 2017, leur déficit ayant été multiplié par cinq en un an à 268 millions d’euros, selon les chiffres publiés par la Conférence des directeurs généraux de ces établissements.

Le déficit des 32 CHU de France s’élevait en 2017 à 268 millions d’euros, contre 52 millions en 2016, pour un budget de 31,483 milliards d’euros, détaille la Conférence dans un communiqué publié lundi, insistant sur les lourdes « pressions financières » pesant à la fois sur les recettes et les dépenses des hôpitaux.

La Conférence note toutefois une « réalité beaucoup plus contrastée » en fonction des CHU. Ainsi, « 50% d’entre eux sont en déficit et 50% en équilibre, voire en excédent » et « si 15 CHU ont connu une dégradation en 2017, 17 ont amélioré leur résultat ».

« Les budgets hospitaliers ont connu en 2017 une pression financière très exigeante sur leurs recettes d’activité », rappellent les directeurs de CHU: l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), mécanisme servant à freiner l’augmentation naturelle des dépenses de santé, a été limité à +2% et les tarifs des séjours ont baissé en moyenne de 0,9%.

Mais parallèlement, « des contraintes externes ont très fortement pesé à la hausse sur les dépenses », expliquent-ils, citant « l’explosion des dépenses de molécules onéreuses » ou la « hausse de la masse salariale suite au dégel du point d’indice ou au plan attractivité des carrières médicales ».

« Malgré l’impact des mesures réglementaires », les établissements ont toutefois « maîtrisé l’évolution de leur masse salariale » à +2,2%.

Les directeurs regrettent « les incohérences du modèle tarifaire actuel », qui dissuade les établissements d’accomplir le virage ambulatoire.

Conséquence directe des pressions financières: les investissements sont restés « faibles ». Ils ont augmenté de 2,5%, pour atteindre 1,6 milliard d’euros, mais « restent inférieurs de 15% » au niveau atteint en 2013″, regrettent les directeurs.

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