Ile-de-France: fin de la grève du nettoyage dans des dizaines de gares

 PARIS, 15 décembre 2017 (AFP) – La grève des salariés chargés du nettoyage de dizaines de gares du nord de l’Ile-de-France, qui réclamaient notamment l’application de la convention collective du secteur, a pris fin vendredi, au terme d’un mois et demi de conflit, après la signature d’un accord, a-t-on appris de sources concordantes.

Réunis en assemblée générale dans la matinée, les grévistes – 84 sur 107 salariés – ont voté pour la reprise du travail après avoir pris connaissance des dernières propositions de la direction de la société H. Reinier (groupe Onet), selon Noreddine Toumi (FO-PNTG) et Fabien Dumas (SUD-Rail).

Le protocole d’accord a été signé en fin de journée, ont annoncé la direction et les syndicats SUD Rail et FO. Les grévistes, soutenus aussi par la CFDT-Cheminots, reprendront le travail lundi.

Le mouvement de grève avait été lancé début novembre, au moment où la société H. Reinier a repris le marché, attribué auparavant à la société SMP, et donc les salariés, comme le prévoient les règles du secteur. Ces derniers demandaient notamment l’application de la convention collective de la manutention ferroviaire pour tous et la revalorisation de primes.

Jusqu’à présent, 20% des salariés étaient rattachés à la convention du nettoyage de bureaux, moins avantageuse.

Au nombre des acquis après 44 jours de grève, l’application de la convention collective de la manutention ferroviaire, la revalorisation de la prime de panier à 4 euros (contre 1,90) pour un temps complet, la suppression d’une nouvelle clause de mobilité étendue et la prorogation des mandats des délégués du personnel.

Les grévistes ont aussi « obtenu le maintien de leur organisation de travail antérieure », a souligné M. Dumas (SUD-Rail).

« Ils avaient changé tout le planning », avait expliqué à l’AFP l’un des grévistes, travaillant depuis 22 ans à la gare de Goussainville.

Dans un communiqué, la société H. Reinier souligne que « l’accord satisfait un grand nombre de revendications » et « améliore les conditions dont (les salariés) disposaient avec leur ancien employeur soit jusqu’au 2 novembre dernier, date de la reprise du contrat par H. Reinier et du début de la grève ».

Le mouvement affectait les gares Transilien de la région Paris Nord, soit 75 gares, la gare du Nord n’étant pas touchée, selon la SNCF. Dans trois d’entre elles – celles de Saint-Denis, Garges Sarcelles et Ermont Eaubonne – les grévistes se relayaient jour et nuit.

Dénonçant une situation sanitaire devenue « intenable », l’entreprise ferroviaire avait demandé début décembre le recours à la force publique pour permettre au groupe Onet d’accéder aux gares bloquées et de les nettoyer. Elle avait par ailleurs déposé une requête en urgence « aux fins d’expulsion » visant « tous occupants illicites » de ses gares.

Dans ce cadre, neuf grévistes avaient été convoqués mardi au tribunal administratif de Montreuil, provoquant la colère des syndicats qui avaient accusé la SNCF de mettre « de l’huile sur le feu ». Le tribunal a rejeté jeudi la requête de l’entreprise ferroviaire, estimant qu’elle ne justifiait pas « de l’urgence de la mesure sollicitée ». Un jugement dont la SNCF a « pris acte ».

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