Ile-de-France: un niveau de vie élevé, mais plus de ménages pauvres et des logements chers

PARIS, 7 octobre 2019 (AFP) – Les Franciliens gagnent 26% de plus que les autres Français mais leur loyer est 52% plus cher, dans une région où la proportion de ménages pauvres a augmenté deux fois plus vite qu’ailleurs, selon un rapport de la Fondation Abbé Pierre publié mardi.

Le revenu moyen des ménages atteint 4.117 euros par mois en Ile-de-France. Mais la région, qui rassemble 18,2% de la population française, concentre également 33% des habitants en bidonvilles, près de 34% des demandes d’HLM et 41% des expulsions locatives effectives, selon la Fondation, pour qui ces indicateurs tirés de son rapport annuel sur le mal-logement, sont « alarmants ».

« La proportion de ménages pauvres en Île-de-France a augmenté deux fois plus vite qu’en France métropolitaine entre 2004 et 2012 », explique la fondation. « Et si le revenu moyen des franciliens est plus élevé que le revenu moyen des Français de 26%, une location dans le parc privé sera 52% plus chère ».

Conséquence, avec l’augmentation des loyers, les ménages pauvres du parc privé ont dû multiplier par deux la part de leurs ressources consacrées au logement (40,8% en 2013 contre 20,1% en 1988).

Quelque 19% des franciliens se déclarent en difficulté de paiement à la fin du mois, même si seulement 5% des ménages se retrouvent en situation d’impayés.

L’Île-de-France est la région la plus touchée par les expulsions: elle totalise 26% des décisions de justice prononçant l’expulsion et 41% des expulsions effectives du territoire national, selon le rapport.

De fortes disparités existent également chez les propriétaires. « En quarante ans, alors que les revenus ont été multipliés par 7,2, les prix d’achat l’ont été par 13,9 », explique le rapport.

Les Franciliens sont à 48% propriétaires, 45% locataires, 7% en sous-location ou logés gratuitement.

« Les employés et ouvriers ont littéralement été écartés du marché de l’acquisition des logements anciens », observe la Fondation. A Paris, la part est passée de 15% en 1998 à 5% en 2018, et de 27% à 19% pour l’ensemble de l’Île-de-France.

Sur les 4 millions de personnes mal logées que compte le territoire, « 1,2 million vivent dans la région la plus riche de France », résume la fondation, qui demande la construction de logements accessibles et la mise à disposition de logements sociaux.

cld/blb/eb