Industrie: des syndicats CGT réclament des « actes concrets » de l’État pour l’emploi

PARIS, 19 mai 2020 (AFP) – Les syndicats CGT de plusieurs sites industriels ont réclamé mardi, lors d’une visioconférence de presse, des « gestes concrets » de l’État pour maintenir les emplois industriels en France et « des lois concrètes pour protéger l’industrie ».

« Les multinationales qui nous licencient ont des centaines de milliards d’euros en réserve (…) Dans la situation actuelle », avec la pandémie de Covid-19, « l’État doit les contraindre à utiliser ces moyens pour que nos activités se poursuivent ou reprennent et empêcher nos licenciements », écrivent, dans une pétition, ces syndicats CGT dont certaines usines sont menacées de suppressions de postes ou de fermeture.

Les organisations CGT de Cargill à Haubourdin (Nord), Michelin à La Roche-sur-Yon, General Electric à Villeurbanne (Rhône), Famar à Lyon, Bosch à Rodez et Luxfer à Gerzat (Puy-de-Dôme) souhaitent également que les conseils régionaux « votent une motion de suspension de toute mesure de démantèlement » de ces sites et des suppressions d’emplois.

« La collectivité qui a la possibilité d’intervenir dans le cours des événements économiques et sociaux, c’est le conseil régional », a affirmé Me Fiodor Rilov, participant à cette visioconférence.

Pour l’avocat, « le conseil régional est parfaitement dans son rôle » d’adresser « une injonction » à une entreprise pour « arrêter les licenciements », « réinjecter des moyens pour que la production puisse se poursuivre » ou « cesser de violer telle ou telle règle sur la reprise des activités économiques ».

« Lorsqu’on entend des politiques qui disent qu’il faut garder absolument l’emploi en France, ce qu’on attend, nous, ce sont vraiment des gestes concrets avec des usines qui restent en France », a déclaré Antony Guilloteau, délégué CGT de l’usine Michelin de La Roche-sur-Yon, comptant 619 emplois et qui doit fermer d’ici à la fin de l’année.

« Imaginez ce qui va se passer après la crise du Covid-19 si on ne met pas des lois en place pour sauver l’industrie dans notre pays! » s’est inquiété Axel Peronczyk, délégué de Luxfer, dont l’usine de bouteilles d’oxygène médical a fermé il y a un an. « On veut des actes », « des lois concrètes pour protéger l’industrie en France », a-t-il insisté.

Délégué de l’usine Cargill d’Haubourdin, Dorian Vallois a indiqué que « la direction a annoncé hier (lundi) qu’elle repoussait de trois mois » son plan de suppression de 183 postes. « Une petite victoire », mais « on ne sait pas du tout où on va », a-t-il ajouté.

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