Infirmiers: une intersyndicale exhorte la ministre de la Santé à supprimer l’Ordre

PARIS, 7 juin 2017 (AFP) – Une intersyndicale d’infirmiers opposée à l’inscription automatique des professionnels à l’Ordre national infirmier (ONI) a demandé mercredi à la ministre de la Santé d’abroger par une loi cette instance qu’elle juge « illégitime ».

« Il n’est plus le temps d’un moratoire: la seule solution, c’est une loi abrogeant l’Ordre infirmier », écrivent dans un communiqué six syndicats (CFTC, CGT, FO, SUD, Unsa Santé, SNICS-FSU) en s’adressant à la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Début mars, l’Ordre a saisi en référé le Conseil d’Etat afin que soit publié un décret permettant l’inscription automatique des infirmiers au tableau de l’Ordre prévue par la loi HPST de 2009.

Le 24 mars, la plus haute juridiction administrative a enjoint au gouvernement de saisir dans un délai de trois mois le Haut conseil des professions paramédicales (HCPP) et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) sur ce projet de décret.

Cette inscription automatique « n’a d’autre intérêt que de permettre à l’Ordre infirmier de contraindre l’immense majorité des infirmiers récalcitrants à s’inscrire et de payer pour avoir le droit de travailler », fustige l’intersyndicale.

« Les fonctionnaires infirmiers sont tributaires de l’autorité de leur établissement comme le directeur d’hôpital, et on veut les contraindre à une double discipline, celle de leurs pairs », a déploré Philippe Crepel, représentant CGT santé social.

En cas de publication du décret, l’intersyndicale saisira à son tour le Conseil d’Etat, selon M.Crepel.

Depuis sa création fin 2006, l’Ordre infirmier, voulu par le milieu libéral, est très contesté en particulier dans le secteur public hospitalier qui l’estime « inutile » et « non représentatif ».

« Cette contestation dogmatique n’a plus de raison d’être », a réagi Karim Mameri, secrétaire général du conseil national de l’Ordre des infirmiers, interrogé par l’AFP, arguant que « plus de 210.000 infirmiers » étaient inscrits au tableau de l’Ordre.

Un amendement prévoyant la suppression de l’Ordre avait été déposé lors de l’examen de la loi Santé en 2015, contre l’avis de l’ex-ministre Marisol Touraine. Il avait été rejeté en lecture définitive par l’Assemblée nationale.

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