ING, en voie de digitalisation, annonce une réduction de 7.000 emplois d’ici à 2021

LA HAYE, 3 octobre 2016 (AFP) – Le bancassureur néerlandais ING a prévenu lundi qu’environ 7.000 emplois seraient menacés dans les cinq prochaines années, une restructuration jugée « nécessaire » par les experts en ces temps difficiles pour les banques, confrontées à la concurrence et aux nouvelles technologies.

« En tout, environ 7.000 postes pourraient être affectés par ces effets dans les cinq prochaines années, dont 950 postes chez les fournisseurs extérieurs », annonce le groupe dans un communiqué, soulignant que ces chiffres étaient le résultat d’un programme de réduction des coûts annuels d’environ 900 millions d’euros.

Dans le détail, le groupe prévoit la réduction d’environ 3.500 emplois à temps plein en Belgique et environ 2.300 aux Pays-Bas entre 2016 et 2021.

Le groupe se dit confronté, comme les autres banques, « au poids des régulations bancaires et à une période prolongée de taux d’intérêts ultra-bas », qui font pression sur ses rendements financiers.

Sauvée par l’Etat néerlandais au coeur de la crise financière de 2008, ING a donc décidé d’investir 800 millions d’euros d’ici à 2021 dans le cadre de sa transformation digitale pour s’adapter aux nouveaux besoins des clients. Un investissement qui va permettre, selon le communiqué, de « continuer à élargir notre activité client et diversifier nos revenus ».

« Mais chaque emploi qui disparaît est naturellement un de trop », a réagi le directeur exécutif d’ING Ralph Hamers à la radio-télévision publique néerlandaise NOS.

Pour ces suppressions de personnel, ING, qui emploie 52.000 personnes dans quarante pays, va passer une « provision d’environ 1,1 milliard d’euros, dont 1 milliard au quatrième trimestre 2016 ».

– « Rester en tête » –

Aux yeux des experts, cette « énorme restructuration » touchant environ 12 à 14% du personnel de la banque néerlandaise est nécessaire.

« La situation est urgente, c’est une période très difficile pour les banques », notamment avec la concurrence des start-up spécialisées dans la finance ou fintech, a expliqué à l’AFP Joost Vespers, analyste de la banque Theodoor Gilissen.

Le bancassureur néerlandais souhaite « être préparé pour affronter les circonstances difficiles à venir pour une période assez longue », a-t-il ajouté. « Il semble qu’ING soit déjà en avance de la compétition, mais ils veulent tout de même rester en tête ».

Pour cela, la banque a, ces trois dernières années, « investi lourdement dans la digitalisation, avec succès », a expliqué M. Hamers auprès de NOS. « Nous avons ainsi reçu trois millions de nouveaux clients et réuni 56 milliards de crédit supplémentaire. »

De plus en plus connectés, les clients « s’attendent à ce que nous adoptions les nouvelles technologies aussi vite que les entreprises d’autres secteurs », a souligné le directeur exécutif d’ING dans un communiqué. « Pour continuer à être en tête de la banque en ligne, nous devons offrir au consommateur une meilleure expérience, qui est instantanée, personnalisée, sans accroc et pertinente. »

Dans le cadre de leur digitalisation, ING et ABN Amro, troisième plus grande banque néerlandaise, avaient d’ailleurs déjà annoncé la suppression sur les trois prochaines années de quelque 1.700 emplois pour la première en novembre 2015 et de 1.375 pour la seconde le mois dernier.

Une tendance qui pourrait se poursuivre: « la banque traditionnelle devrait se réduire considérablement », d’après Thomas Cool, consultant en économétrie interrogé par l’AFP.

Cotée à la Bourse d’Amsterdam, la banque ING cédait 0,91% à 10,89 euros vers 14H00 (12H00 GMT) au sein d’un indice AEX en hausse de 0,38% à 454,03 points.

Pour le monde du travail, il s’agit d’un véritable « bain de sang social », d’après les syndicats belges.

En Belgique, où « l’intention est de rationnaliser le réseau en fusionnant les branches ING et Record Bank », une grève est attendue pour vendredi, d’après l’agence de presse belge Belga, et le front commun syndical appelle le personnel à interrompre le travail dès lundi.

La centrale syndicale néerlandaise (FNV) appelle de son côté ING à « opter pour l’innovation et de vrais emplois ».

« Nous veillons à ce que la suppression d’emplois permanents ne mène pas à une augmentation du nombre d’emplois temporaires », a réagi dans un communiqué le dirigeant de FNV Finance Gerard van Hees. « Nous appelons ING à une réorganisation sociale acceptable, comme des départs volontaires pour les employés. »

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