Intégration des étrangers: les principales pistes retenues

PARIS, 5 juin 2018 (AFP) – De la langue à l’emploi, les mesures dévoilées (sans chiffrage) mardi par Edouard Philippe visent rattraper le gros retard pris par la France dans l’intégration des étrangers qu’elle admet sur son sol.

APPRENTISSAGE DU FRANÇAIS

– doublement, dès 2019, du volume de cours de langue proposées aux étrangers s’installant légalement en France (réfugiés notamment), à 400 heures maximum dans le cas général, afin de se rapprocher des standards européens allemands ou norvégiens. Le total pourra passer à 600 « pour les publics ne sachant ni lire ni écrire » — cela concernerait environ 3.500 personnes

– modernisation des formations et classes « plus petites, plus homogènes »

– des gardes d’enfants seront développées pour faciliter la présence aux cours des jeunes parents

INSERTION DANS LA SOCIETE

– réforme du volet « formation civique » du Contrat d’intégration républicaine (CIR) que passent les primo-arrivants obtenant un titre de séjour. Ce programme jugé indigeste sera adapté et la formation étalée sur 24 heures (au lieu de 12 actuellement)

– doublement des ateliers pour les parents dans le cadre du dispositif « Ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants »

– attribution (comme aux autres jeunes de 18 ans) d’un « pass culture » de 500 euros aux jeunes étrangers en règle et accompagnement renforcé par des institutions culturelles

– développement de projets destinés aux migrants et réfugiés dans le cadre de la plateforme « sport facteur d’inclusion sociale »

EMPLOI, INSERTION ÉCONOMIQUE

– une « dimension professionnelle personnalisée » sera intégrée aux politiques publiques, avec un « entretien » en fin de CIR pour orienter les étrangers en fonction de leur profil (Pôle emploi, APEC…) et un « entretien approfondi d’orientation professionnelle » pour chaque primo-arrivant en recherche d’emploi.

– pour lever les « freins » à l’emploi, plusieurs mesures sont sur le tapis: développement des formations linguistiques à visée professionnelle, meilleure reconnaissance des formations et expériences antérieures, « mobilisation des réseaux d’entreprise » telles que la Fondation agir contre l’exclusion (FACE)…

– pour les jeunes, développement de parcours spécifiques : ainsi un « sas linguistique et socio-professionnel », d’une durée de 3 à 6 mois, sera expérimenté pour 3.000 jeunes étrangers récemment arrivés en France dès 2018 (et 5 000 en 2019).

– pour améliorer l’accès aux comptes bancaires, un groupe de travail va être mis en place avec le Groupe La Poste

INTÉGRATION DES RÉFUGIES

– mise en place d’un « accompagnement social individualisé », dès 2019, « pour faciliter les démarches des premiers mois » en matière de santé, droits sociaux, formation…

– extension à 3.000 réfugiés (contre 1.000 actuellement) du programme Hope (Hébergement, orientation, parcours vers l’emploi), qui propose sur huit mois formation linguistique et apprentissage dans des secteurs en tension comme le BTP

– sur le logement, reconductions des mesures d’accompagnement et des « mesures tremplin » telles que l’hébergement citoyen chez des particuliers, dans l’optique de la circulaire de décembre dernier demandant aux préfets de mobiliser 20.000 logements pour les réfugiés

– prise en charge facilitée des syndromes post-traumatiques, mise en place d’hébergements spécifiques pour les femmes vulnérables

– lancement d’une campagne nationale de service civique pour les réfugiés

– ouverture d’un « couloir humanitaire » pour l’accueil de 100 femmes issues des minorités religieuses d’Irak sur une période de deux ans

cg/mat/it