Investir dans la petite enfance pour lutter contre les inégalités sociales (Terra Nova)

PARIS, 31 mai 2017 (AFP) – Terra Nova propose d’investir dans la petite enfance pour lutter contre les inégalités sociales, en créant 40.000 places de crèches en cinq ans dans les territoires sous-dotés, afin d’améliorer l’accueil d’enfants issus de milieux défavorisés, dans un rapport publié mercredi.

Une étude américaine a montré qu’à quatre ans, un enfant issu d’une famille pauvre a entendu 30 millions de mots de moins qu’un enfant de famille aisée, rappelle le cercle de réflexion classé à gauche, dans ce rapport intitulé « L’égalité des chances se joue avant la maternelle ».

« Un enfant qui se développe dans un environnement assez précaire peut être beaucoup moins sollicité », a souligné lors d’une conférence de presse le pédopsychiatre Romain Dugravier, l’un des auteurs du rapport.

La France a certes développé un réseau de crèches et de centres de Protection maternelle et infantile (PMI) que peuvent lui envier d’autres pays, mais les résultats sont « encore un peu contrastés » en termes de répercussions sur les résultats scolaires et comportements de santé.

« Etre accueilli dans une bonne crèche peut changer le cours d’une vie pour certains enfants », a estimé un autre des auteurs, Florent de Bodman. Or, « un enfant à 5% de chances d’être accueilli en crèche si sa famille vit sous le seuil de pauvreté, comparé à 22% s’il est issu d’une famille aisée ».

L’écart s’explique en partie par le fait que les places sont accordées en priorité aux enfants dont les deux parents travaillent, mais aussi par les inégalités territoriales.

Les auteurs du rapport suggèrent donc au nouvel exécutif de créer 40.000 places de crèches d’ici à 2022 dans les territoires qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire les zones rurales sous-dotées et les quartiers à faibles revenus, classés en « politique de la ville ».

Terra Nova propose par ailleurs de rendre obligatoire la transparence dans la procédure d’attribution des places en crèches, de donner plus de poids aux critères sociaux, de développer les innovations pédagogiques, déjà expérimentées en France dans certaines structures, et d’améliorer le soutien aux parents.

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