IRM, scanner: la Sécu baisse les tarifs aux radiologues

PARIS, 27 janvier 2017 (AFP) – L’Assurance maladie a décidé de baisser les tarifs remboursés aux radiologues pour réaliser une économie estimée à 49,9 millions d’euros, alors que les volumes d’actes connaissent une « forte progression », annonce-t-elle vendredi dans un communiqué.

« Face à la croissance continue » des remboursements des activités d’imagerie médicale, l’Assurance maladie a entrepris des négociations avec les radiologues afin de mettre en oeuvre « des mesures d’ajustements tarifaires ainsi que des actions visant à favoriser la pertinence des actes », explique-t-elle.

Faute d’avoir pu conclure en 2016 un accord, l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam) indique avoir pris « conformément à ses prérogatives » deux mesures permettant une baisse totale en dépenses remboursables (Assurance maladie + organismes complémentaires) de 59 millions d’euros pour les radiologues.

Elle supprime tout d’abord à partir de début avril la majoration versée aux radiologues pour lui substituer une autre majoration, d’un montant moins important, ouverte à tous les actes de radiographie quelle que soit la spécialité du médecin (radiologues, pneumologues ou rhumatologues). Une mesure qui lui permet d’économiser 34 millions d’euros, écrit-elle.

Par ailleurs, à partir de mi-février, elle baisse de 2% les forfaits versés aux exploitants des IRM, scanner, TEP pour prendre en charge les coûts d’amortissement et de fonctionnement, ce qui se traduit par une économie de 16 millions d’euros pour l’Assurance maladie.

Il n’y aura aucune conséquence pour les patients qui consulteront un médecin en secteur 1 (tarif opposable), explique-t-on.

« Cet ensemble de mesures représente un impact modéré pour les professionnels concernés (1,2 % sur le montant total remboursable du secteur) (…) au regard de la progression attendue encore en 2017 (au moins + 2%) », estime-t-elle.

« En croissance de 4% en 2015 et de 2,8% en 2016, les activités d’imagerie médicale représentent, en secteur libéral, un montant global de 4 milliards d’euros de dépenses de remboursement » par l’Assurance maladie, poursuit-elle.

« C’est une bêtise on va pénaliser l’imagerie moderne en réduisant les capacités d’investissements des établissements pour disposer des appareils les plus récents et par conséquence pénaliser les patients en augmentant les délais d’accès », a condamné le président de la Fédération nationale des médecins radiologue (FNMR), Jean-Philippe Masson, interrogé par l’AFP.

« Le recours au scanner ou à l’IRM génère des économies grâce à des diagnostics plus pertinents », souligne le syndicat.

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