Jet Aviation supprime 200 emplois à l’aéroport de Bâle-Mulhouse

MULHOUSE, 24 juin 2020 (AFP) – L’entreprise d’aménagement intérieur d’avions Jet Aviation va supprimer environ 200 emplois sur son site à l’aéroport franco-suisse de Bâle-Mulhouse, a-t-on appris mercredi auprès de sa direction.

La restructuration se traduira par au moins 190 suppressions d’emplois, sur un sureffectif évalué à 240 personnes, a précisé la direction dans un message interne dont elle a adressé copie à l’AFP.

« C’est avec regret qu’en rapport avec les mesures de réorganisation, jusqu’à 240 employés seront en excédent », est-il indiqué dans ce message écrit. Il est précisé que « jusqu’à 50 » collaborateurs recevront une offre de reconversion interne.

Jet Aviation emploie actuellement 1.200 personnes en grande majorité françaises à l' »EuroAirport » de Bâle-Mulhouse pour la transformation d’avions de ligne en avions à usage privé, pour de riches clients, notamment du Moyen-Orient.

Filiale du groupe américain d’aéronautique de défense General Dynamics, l’entreprise avait annoncé en mai son intention de réduire ses effectifs, en invoquant les conséquences du Covid-19 sur le secteur aérien.

L’entreprise avait évoqué cette restructuration en interne dès février, a toutefois rétorqué Jean-Luc Johanneck, président du Comité de défense des travailleurs frontaliers (CDTF) du Haut-Rhin. Son activité évolue « en dents de scie depuis plusieurs années », a-t-il rappelé.

Les « licenciements » seront effectifs d’ici à fin juin, a précisé M. Johanneck.

Selon M. Johanneck, les propositions faites aux 50 salariés pour le maintien de leur emploi ne sont « pas acceptables », car elles consistent en un « avenant de contrat de travail en vue d’une requalification » synonyme en fait d’une « rétrogradation », par exemple du statut d’ingénieur à celui de technicien.

En l’état, le plan de « licenciements » ne respecte pas les règles françaises en matière de plans sociaux, or « c’est le droit français qui s’applique » car l’aéroport est situé sur le territoire français, a souligné M. Johanneck.

De même, « il nous paraît évident » que les salariés de Jet Aviation bénéficient des formations et autres mesures de pérennisation des emplois prévues par le gouvernement français dans son soutien à la filière aéronautique à la suite de la crise sanitaire, a ajouté le CDTF dans un communiqué.

Jet Aviation fait partie des entreprises du secteur communément appelé « suisse » de l’EuroAirport car appliquant des règles fiscales et sociales inspirées du droit helvétique. Ce secteur relève d’un « accord de méthode » franco-suisse de 2012 qui prévoit des aménagements juridiques tenant compte de cette pratique. Toutefois, la Cour de cassation a à plusieurs reprises tranché dans le sens de l’application du droit français.

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