Jet de peinture: un syndicaliste en procès, la CGT-Construction manifeste

PARIS, 15 janvier 2018 (AFP) – Des centaines de militants ont protesté lundi à Paris contre « la répression syndicale » visant, selon eux, un cadre de la CGT-Construction, jugé en appel pour avoir projeté de la peinture sur le siège de la fédération du bâtiment (FFB).

Les manifestants, venus du Tarn, des Vosges, de Loire-Atlantique, de Seine-Maritime ou encore du Nord, se sont rassemblés devant le siège de la FFB à Paris (XVIe arrondissement), pour soutenir le prévenu de 54 ans, convoqué devant la cour d’appel de Paris, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’audience a finalement été reportée au 26 mars, a-t-on appris de sources concordantes.

En première instance, le syndicaliste a été reconnu « coupable d’avoir projeté de la peinture sur diverses parois des locaux » et « complice » de diverses dégradations (autocollants, tags et confettis jetés, mobilier déplacé, grille de sécurité abimée) « ayant entraîné un dommage léger ».

Le parquet a fait appel du jugement le condamnant à une amende de 500 euros et à verser environ 17.000 euros à la FFB (1.000EUR de préjudice moral plus de 14.500EUR pour le préjudice matériel et 1.500EUR de frais de justice).

Philippe Martinez (CGT), Gérard Filoche (ex-PS) et Eric Coquerel (LFI) notamment ont pris la parole pour dénoncer à l’unisson une « répression syndicale et sociale » grandissante, sous les applaudissements des militants munis de drapeaux, sifflets, pétards et confettis.

Devant eux, une affiche proclamait: « Pour qu’un bâtiment sorte de terre… C’est un ouvrier, chaque jour, que l’on enterre !!! ». Une couronne de fleurs, avec la mention: « Pour les salariés morts au travail », était également déposée devant l’entrée de la FFB, fermée pour l’occasion.

« Le procès des confettis et de la peinture à l’eau », comme l’a rebaptisé la CGT, trouve son origine dans une manifestation surprise organisée par une trentaine de militants de la CGT-Construction, en avril 2014, pour revendiquer un départ à la retraite à 55 ans dans les métiers pénibles.

Le compte pénibilité – qui permet aux salariés du privé occupant un poste pénible de partir plus tôt à la retraite ou de se former par exemple – avait été créé quelques semaines plus tard. Emmanuel Macron a depuis allégé les obligations pour les employeurs sur certains facteurs.

La CGT-Construction « réclame la reprise des négociations » sur ce thème dans tous les métiers, et particulièrement dans le bâtiment où il y a « un mort par jour travaillé » et « un accident toutes les 5 minutes », a déclaré à l’AFP son secrétaire général, Serge Pléchot.

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