Jeunes et travail: des CDI et moins de contrats courts, préconise le Cese

PARIS, 27 mars 2019 (AFP) – Embaucher les jeunes en CDI, limiter les contrats courts y compris dans la fonction publique, étendre encore le dispositif de « garantie jeunes »… Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) s’est penché sur la question des jeunes et du travail.

« De 20 ans en 1975, l’âge moyen d’accès à un premier emploi stable est passé à 27 ans aujourd’hui », relève le Cese dans son avis « les jeunes et l’avenir du travail » publié mercredi.

Si « le niveau des connaissances et des diplômes obtenus » a progressé, « les conditions d’insertion sur le marché du travail se sont dégradées » depuis les années 80 et « plus fortement encore après 2008 », ajoute-t-il.

Les indicateurs du Cereq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications), qui suit l’évolution des jeunes à travers son enquête « Génération », « montrent une jeunesse globalement plus diplômée, qui accède plus souvent aux fonctions qualifiées mais dont la situation sur le marché du travail s’est dégradée ».

Le Cese cite aussi des résultats du Programme international d’enquêtes sociales (PIES) de 2015, qui « relativisent l’hypothèse d’une spécificité des jeunes générations dans leur rapport au travail ».

« Au regard des aspirations professionnelles, les plus jeunes actives et actifs se distinguent peu de leurs aînés: l’intérêt du travail et la stabilité de l’emploi sont très valorisés dans toutes les tranches d’âge, de même que la sociabilité que permet l’emploi », explique-t-il.

Évoquant les centaines de milliers de jeunes qui ne sont « ni en emploi, ni en scolarité, ni en formation » en France, la ministre du Travail Muriel Pénicaud s’est exclamée lors de la présentation de l’avis: « On va dans le mur si on ne règle pas ça! ». « On a besoin d’eux », a-t-elle ajouté.

Le taux de chômage des jeunes flirte depuis plusieurs années avec les 20%.

Face à ces difficultés, le Cese formule 25 préconisations. En premier lieu: limiter le recours abusifs aux contrats courts et privilégier l’embauche en CDI.

Il recommande « que les employeurs publics fassent preuve d’exemplarité en limitant le recours aux contrats courts », d’un « usage très répandu dans certaines administrations ou établissements publics ».

Il incite aussi à « faire reculer la ségrégation de genre dans les métiers ainsi que la sous-valorisation de certaines compétences et qualifications dans des activités très majoritairement exercées par des femmes ».

Il préconise en outre l’élargissement de la « Garantie jeunes », un dispositif qui accompagne les jeunes de 16 à 25 ans en précarité, notamment en augmentant le plafond de ressources et en allongeant la durée.

dec/bfa/sd