Journée d’action dans l’énergie: coupures ciblées et risques sur le gaz dans le Sud-Est

PARIS, 7 décembre 2017 (AFP) – La journée d’action intersyndicale dans l’énergie pour défendre le pouvoir d’achat des salariés du secteur s’est traduite jeudi par des « coupures ciblées » et la « mise en exergue » des risques pesant sur l’approvisionnement en gaz dans le quart sud-est, a-t-on appris auprès de la CGT.

Les cinq fédérations syndicales du secteur (FO, CFDT, CFE-CGC, CGT et CFTC) avaient appelé mardi les salariés à se mobiliser, fustigeant un revirement du patronat sur la compensation de la hausse de la CSG, ainsi qu’une proposition de hausse collective des salaires (0,2%) « très loin de l’inflation prévue », après le gel salarial de l’an dernier.

Deux réunions ont déjà eu lieu jeudi dernier et lundi à ce sujet. Les syndicats attendent du patronat des réponses à leurs revendications lors d’une nouvelle rencontre ce jeudi.

Selon la FNME-CGT, première organisation syndicale dans l’énergie, le mouvement, entamé dans la nuit de mercredi à jeudi, a donné lieu à une baisse de charges sur les sites de production d’électricité de « plus de 5.000 mégawatts », des « coupures ciblées » et le passage en heures creuses de « milliers de foyers ».

Parmi les zones visées, « 200 postes électriques coupés » en Normandie, qui ont impacté une cimenterie et des usines pharmaceutiques, ou le site R&D d’EDF à Saclay, en région parisienne, a indiqué à l’AFP Laurent Heredia (CGT). L’alimentation de « beaucoup de magasins Carrefour » a aussi été coupée, « en solidarité » avec la manifestation organisée devant le siège du groupe à Massy (Essonne) par la CGT, a-t-il ajouté.

Quant à l’approvisionnement en gaz, le mouvement a « mis en exergue » la « fragilisation » du réseau dans le quart sud-est, avec « un risque fort de délestage », a expliqué M. Heredia. La CGT dénonce depuis plusieurs semaines un stockage de gaz trop bas en France à l’approche de l’hiver, en particulier dans le Sud-Est.

Les terminaux méthaniers de Fos-sur-Mer étant utilisés pour « pallier le déficit de stockage », les grévistes ont réduit le débit de gaz à Fos pour montrer que cela « fragilisait le réseau », a-t-il précisé. Un « délestage massif » a été évité « grâce à leur sens des responsabilités », selon la CGT.

Chez RTE, où s’ajoutait une mobilisation spécifique contre la « décision unilatérale » du gestionnaire du réseau d’électricité de remettre en cause le système de classification/rémunération en vigueur dans la branche, 29,59% de grévistes ont été recensés à la mi-journée, selon la CFDT.

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