La candidature de Berger à la tête du Syndicat européen agace la CGT et FO

 PARIS, 4 février 2019 (AFP) – Yves Veyrier, le numéro un de Force ouvrière, a qualifié lundi de « vrai problème » la candidature de Laurent Berger, son homologue de la CFDT, à la présidence de la Confédération européenne des syndicats, qui a été également critiquée dimanche par la CGT.

« On a un vrai problème avec la procédure. Et (…) surtout, entre la CFDT et Force ouvrière, sur les questions européennes, il y a franchement des divergences d’analyses sur ce qu’est la construction européenne », a dit lundi Yves Veyrier sur BFM Business.

« Ca va générer des difficultés », a-t-il prévenu à propos de cette candidature, assurant l’avoir apprise par la presse. « On était un peu surpris », a insisté le leader, sans pour autant dire si sa confédération s’y opposerait.

Il a toutefois minimisé la place qu’occuperait Laurent Berger au sein de cette structure, soulignant qu’elle serait symbolique, car l’exécutif est aux mains du secrétaire général, l’Italien Luca Visentini.

Dimanche, sur France 3, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a également fait part de sa surprise et dit être en discussion actuellement avec M. Visentini à propos de cette candidature.

« Ce qu’on nous avait dit, c’est pas du tout ça, c’était une autre forme de la présidence de la CES » où Laurent Berger ne devait pas être « tout seul », a-t-il expliqué.

« On va en rediscuter », a déclaré le numéro un de la CGT.

L’élection de Laurent Berger, seul candidat en lice, doit intervenir en mai, lors du congrès de cette organisation prévu à Vienne.

M. Berger ne va pas pour autant quitter la CFDT, son futur poste n’étant pas exécutif, a souligné la confédération.

Créée en 1973, la CES est présidée actuellement par le Belge Rudy de Leeuw, à la tête de la Fédération générale du travail de Belgique FGTB-ABVV. Elle compte 90 confédérations réparties dans 30 pays, dont en France la CFDT, la CGT, Force ouvrière, la CFTC et l’Unsa.

Laurent Berger, 50 ans, à la tête de la CFDT depuis 2012, premier syndicat français en termes de représentativité depuis décembre 2018, se revendique de la ligne dite « réformiste », adepte de la concertation avec le patronat et les pouvoirs publics.

bow/lum/tes