La CET-Cheminots demande au gouvernement la « réouverture immédiate » de la négociation de branche

PARIS, 31 mai 2016 (AFP) – La CGT-Cheminots, fer de lance avec SUD de la grève reconductible lancée mardi soir à la SNCF, demande au gouvernement d’obtenir la « réouverture immédiate » de la négociation menée pour bâtir une convention collective commune au secteur.

L’UTP (qui regroupe SNCF et entreprises privées) considère depuis la semaine dernière que la discussion est terminée et a transmis aux syndicats un projet d’accord, ouvert à signature jusqu’au 8 juin. Cette négociation, engagée fin 2013, vise à bâtir une convention collective unique au secteur (fret/voyageurs, SNCF/privé) en vue de l’ouverture élargie à la concurrence à partir de 2020.

Dans un communiqué, le premier syndicat de la SNCF relève que le secrétariat d’État aux Transports a « mis la direction SNCF hors-jeu en décidant lui-même du contenu d’un accord d’entreprise ».

« Dont acte! Personne ne pourrait comprendre alors que le ministère ne reprenne pas la main pour exiger des annonces du patronat ferroviaire (dans lequel la SNCF représente 95%) à la hauteur des revendications exprimées par les cheminots », poursuit-il.

Le texte arraché au cours du week-end par le gouvernement à la SNCF, lors de négociations menées avec les seuls syndicats réformistes (Unsa, CFDT), préserve globalement les règles actuelles à la SNCF, notamment les repos hebdomadaires des conducteurs.

Ce projet d’accord d’entreprise est « un piège tendu aux cheminots », estime la CGT. Le syndicat y voit une stratégie du gouvernement pour « diviser les organisations syndicales » (la CFDT a depuis levé son préavis de grève) et un « prétexte » pour « justifier » et ensuite réduire « l’écart de compétitivité » entre les compagnies privées et la SNCF.

Sans convention de branche forte, un futur accord d’entreprise « favoriserait ainsi le dumping social, la sous-traitance » et « pourrait facilement être remis en cause sur décision unilatérale de l’entreprise », explique-t-il.

« La CFDT, là, a accepté que seuls les gens de la SNCF bénéficient de qu’ils bénéficiaient avant », dénonce, pour sa part, Emmanuel Grondein (SUD-Rail) sur BFMTV. Son syndicat demande « que la réglementation qui s’applique aujourd’hui à la SNCF, qui garantit la sécurité des circulations, s’applique à toutes les entreprises ».

« On peut toujours faire plus flexible, mais le problème, c’est quand la flexibilité gagne sur la sécurité », poursuit-il, faisant valoir que « la flexibilité était trop présente avant et que ça a créé des accidents ».

Le représentant de SUD-Rail cite l’exemple du temps de repos minimum entre deux journées, aujourd’hui fixé à neuf heures: « Si M. (Guillaume) Pépy (président de la SNCF) veut réduire ça à six heures parce que ça l’arrange, ça veut dire aussi que les gens ne pourront pas dormir assez ».

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